Les violences du 1er-Mai dues à l'extrême droite ? Jean-Luc Mélenchon revient sur ses accusations

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REACTION - Le député de la France insoumise a dénoncé les "insupportables violences contre la manifestation du 1er mai" à Paris, en accusant "des bandes d'extrême droite" d'être les auteurs des dégradations et heurts qui sont survenus en marge du défilé syndical. Des propos sur lesquels il est revenu le lendemain.

Tweet malheureux ? Déplacé ? Il a en tout cas fait parler. Ce mardi, après les débordements de la manifestation parisienne du 1er-mai, le co-fondateur de la France insoumise s'est ainsi exprimé sur le réseau social : "Insupportables violences contre la manifestation du premier mai. Sans doute des bandes d'extrême droite". 


Jean-Luc Mélenchon défilait à Marseille, mais ce petit commentaire fait sur les réseaux sociaux n’a pas manqué de déclencher d’abondantes réactions. Beaucoup, ulcérées, de la part des internautes. Et pour cause : la préfecture de police a annoncé avoir interpellé 276 "Black Blocs" après les affrontements, une tendance classée plutôt à l’extrême gauche de l'échiquier politique.

Si un journaliste d'Explicite témoigne avoir vu des militants d'extrême droite du côté du Panthéon, dans le 5e arrondissement, le tweet du député a laissé plusieurs observateurs pour le moins songeurs. Certaines critiques ont ainsi émergé, parfois "pédagogiques".

Mais de nombreuses autres, franchement pas convaincues, estiment que ce genre de sortie décrédibilise le leader. "Aveuglement, bêtise, mauvaise foi", disent des internautes.

D’autres politiques ont été plus neutres, comme Benoît Hamon, le chef de file du mouvement Génération.s, qui a pour sa part déploré, également sur Twitter, "le fracas des violences" qui "contraint au silence les milliers de manifestants démocrates et pacifiques qui avaient tant à dire, tant à revendiquer et à défendre légitimement aujourd’hui". 


Le président de la République Emmanuel Macron, en voyage en Australie, a condamné "avec une absolue fermeté les violences" qui ont "dévoyé les cortèges du 1er mai". "Tout sera fait pour que leurs auteurs soient identifiés et tenus responsables de leurs actes", a-t-il ajouté, alors qu'il se trouvait en déplacement en Australie. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a également regretté dans un communiqué ces violences et mis à l'index "les discours radicaux qui encouragent de tels agissements".

Pas en reste, Marine Le Pen a de son côté pointé du doigt les "milices d’extrême gauche", dont elle a regretté qu'elles n'aient pas été "dissoutes depuis bien longtemps. Mais le problème, c’est que le pouvoir de gauche fait preuve à leur égard d’une mansuétude et maintenant on peut presque dire d’une complicité".


Interrogé sur cette confusion par Jean-Jacques Bourdin, mercredi 2 mai sur BFM TV, le 4e homme de la présidentielle est revenu sur ses propos, invoquant les récentes menaces de mort à son endroit et l'opération Defend Europe dans les Alpes pour expliquer sa confusion : "Des gens qui voulaient empêcher la manif du 1er mai d'avoir lieu, c'est des fachos. Alors évidemment, j'ai vu que c'était autre chose. Mais je veux l'expliquer aux plus jeunes qui peuvent se laisser embarquer là-dedans. Ceci n'est pas une activité révolutionnaire. Personne ne peut croire qu'en cassant la vitrine d'un McDo, on fait une activité révolutionnaire. Au contraire, ça consiste à discipliner des millions de gens pour qu'ils comprennent que monsieur Macron est en train de nous faire changer de société [...] du tout libéral. Aux plus jeunes, je dis que ce genre de violence ne mène nulle part."

Partie vers 15h, la manifestation a très rapidement changé de tournure, bloquée par quelque "1200 black blocs" recensés par la préfecture de police, sur les 14.500 personnes venues hors cortège syndical, un chiffre inédit selon une source proche du dossier. Côté cortège syndical, la police a recensé 20.000 manifestants et la CGT 55.000.

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