Jean-Luc Mélenchon s’embourbe à propos du Vel d’Hiv : d'avril à juillet, retour sur la polémique en 4 actes

CONTRADICTION – Critique envers Marine Le Pen en avril qui avait refusé de reconnaître la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’Hiv, Jean-Luc Mélenchon a tenu lundi des propos contradictoires en réaction au discours d’Emmanuel Macron, qui a réaffirmé cette culpabilité. Pour le leader de la France Insoumise, le président ne peut "assigner tous les Français à une identité de bourreau". Retour sur la polémique en quatre épisodes.

C’est un retour pour le moins inattendu. Relancé par Marine Le Pen le 9 avril dernier, le débat sur la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’Hiv vient d’être remis sur le devant de la scène par Jean-Luc Mélenchon, qui a dénoncé le discours d’Emmanuel Macron réaffirmant la culpabilité de la France. Une prise de position étonnante. Le leader de la France Insoumise s’était en effet montré (très) critique envers les propos de son homologue du Front national trois mois auparavant, évoquant alors un refus de la repentance "stupide". Pour tout comprendre à ces soubresauts et à ce revirement de position, retour en quatre actes sur une polémique persistante.

1. Marine Le Pen choque l’opinion après ses propos sur le Vel d’Hiv

Invitée du "Grand Jury" RTL-LCI-Le Figaro le 9 avril dernier, la candidate du FN à l'élection présidentielle juge que la France n'était "pas responsable" de la rafle du Vel d'Hiv en 1942 à Paris, au cours de laquelle plus de 13.000 Juifs avaient été arrêtés puis déportés. "Je pense que la France n'est pas responsable du Vel d'Hiv. Je pense que de manière générale, plus généralement d'ailleurs, s'il y a des responsables, c'est ceux qui étaient au pouvoir à l'époque, ce n'est pas LA France", disait-elle alors, soutenant que le pays était "malmené dans les esprits depuis des années". De la gauche à la droite, d’Emmanuel Macron à François Fillon en passant par Jean-Luc Mélenchon, les critiques sont alors (presque) unanimes

En vidéo

Marine Le Pen : "Je pense que la France n'est pas responsable du Vel d'Hiv"

2. Jean-Luc Mélenchon dénonce une polémique "stupide" et "inutile"

Comme bon nombre de responsables politiques, celui n’était alors pas encore député des Bouches-du-Rhône condamne vertement les propos de Marine Le Pen dès le surlendemain sur RTL. Jean-Luc Mélenchon semblait alors considérer que, depuis le 16 juillet 1995 et la reconnaissance par Jacques Chirac de la responsabilité de la France dans ce qui fut la plus grande rafle de Juifs dans l’Hexagone pendant l'Occupation, il l’y avait aucune raison de revenir sur cet épisode tragique. "C'est déclencher des polémiques absolument inutiles. L'Histoire de France a fait que les présidents successifs ont fait évoluer la question et le regard que l'on portait dessus", expliquait à l’époque le candidat de la France Insoumise. 

3. Après Jacques Chirac, Emmanuel Macron réaffirme la responsabilité de la France

Devant Benjamin Netanyahu, invité à Paris à l’occasion de la commémoration, dimanche 16 juillet, des 75 ans de la rafle du Vel d’Hiv, Emmanuel Macron reconnaît lui aussi la responsabilité de la France, "pour que se perpétue le fil tendu en 1995 par Jacques Chirac", explique alors le président. "C'est bien la France qui organisa la Rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13.152 personnes de confession juive arrachées les 16 et 17 juillet 1942 à leurs domiciles, dont plus de 8000 furent menées au Vel d'Hiv avant d'être déportées à Auschwitz", souligne-t-il, profitant de l'instant pour glisser un tacle à Marine Le Pen. "Vichy, ce n'était certes pas tous les Français, mais c'était le gouvernement et l'administration de la France. Il est si commode de voir en Vichy une monstruosité née de rien et retournée à rien. (...) C'est commode mais c'est faux. On ne bâtit aucune fierté sur un mensonge."

En vidéo

Macron : "Oui, c'est bien la France" qui est responsable de la rafle du Vel d'Hiv'

4. Jean-Luc Mélenchon juge que "la France, à cette époque, était à Londres"

Dans un texte intitulé "Jupiter déraille" posté lundi 17 juillet sur son blog, Jean-Luc Mélenchon explique cette fois que "la France n’est rien d’autre que sa République" et qu’"à cette époque, [elle] était à Londres". Prenant le contrepied de ce qu’il déclarait lui-même trois mois plus tôt, le quatrième homme de la présidentielle estime que "déclarer que la France est responsable de la rafle du Vel’ d’Hiv’ est là encore un franchissement de seuil d’une intensité maximale". Et l’Insoumis d’insister : "Dire que la France, en tant que peuple, en tant que nation, est responsable de ce crime, c’est admettre une définition essentialiste de notre pays totalement inacceptable. (…) Il  n’est pas au pouvoir de Monsieur Macron d’assigner tous les Français à une identité de bourreau qui n’est pas la leur ! Non, non, Vichy ce n’est pas la France !"

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter