Jean-Marie Le Pen demande le remboursement d'un prêt de 4,5 millions d'euros au parti de sa fille

Politique
POLITIQUE - Selon les informations du Journal du Dimanche, Jean-Marie Le Pen a saisi l'Etat afin de se voir rembourser la somme restante du prêt que sa fille Marine avait contracté auprès de lui en 2017 pour l'ex-Front National.

Jean-Marie Le Pen souhaite récupérer l'argent prêté à sa fille, et vite. C'est ce que rapporte Le Journal du Dimanche dans son édition du 7 juillet. En 2017, le micro-parti de Jean-Marie Le Pen intitulé Cotelec, accorde un prêt d'un montant de 6 millions d'euros à Marine Le Pen pour la conduite de son parti le Front national, désormais renommé Rassemblement national (RN). 


Si une partie de cette somme a depuis été remboursée, le RN doit toujours 4,5 millions d'euros à Jean-Marie Le Pen. Et face à ce retard, l'ancien président d'honneur du parti a décidé de déposer au mois de juin une cession de créance auprès du ministère de l'Intérieur. Toujours selon Le JDD, ce dernier demande à ce que la somme due soit directement amputée sur le budget public de 5,1 millions d'euros alloué chaque année au RN. 

"Tout cela s'est fait aux forceps, par avocats interposés"

Alors, pourquoi Jean-Marie Le Pen va-t-il sur le terrain juridique pour demander le remboursement de cette somme ? Pour contraindre le RN à renoncer à sa prochaine aide publique. L'argent avancé à sa fille en 2017 aurait servi au financement de la campagne présidentielle. Or, les frais engagés lors de cette campagne ont déjà été intégralement remboursés par l'Etat à hauteur de 11 millions d'euros, en vertu du remboursement des frais de campagne dès que le candidat obtient plus de 5 % des suffrages au premier tour. 


Jean-Marie Le Pen ne semble visiblement pas croire que le RN lui rendra ces 4,5 millions d'euros de bonne volonté, puisqu'il ne l'a pas fait après le remboursement de ses frais de campagne. Aujourd'hui, Marine Le Pen aurait signé la cession de créance, y étant "obligée", selon un proche de Jean-Marie Le Pen qui s'est épanché auprès du JDD. "Tout cela s'est fait aux forceps, par avocats interposés." Le trésorier du RN Wallerand de Saint-Just a simplement commenté : "­Cotelec a simplement pris une mesure de précaution que nous avons parfaitement comprise puisque nous l'avons signée".

Avant d'être mise en oeuvre, cette cession de créance doit être validée par le ministère de l'Intérieur. Les prochains mois risquent de coûter cher au RN, rappelle Le JDD, puisqu'il devra s'occuper du remboursement d'un prêt contracté en 2014 auprès d'une société russe, d'une valeur de 9,5 millions d'euros. Marine Le Pen doit également rembourser 300 000 euros au Parlement européen, pour l’emploi fictif d’une assistante lorsqu'elle était eurodéputée.

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