Jean-Marie Le Pen fait son 1er mai sans sa fille : "Daech ne me fait pas peur"

Jean-Marie Le Pen fait son 1er mai sans sa fille : "Daech ne me fait pas peur"
Politique

INTERVIEW – Le traditionnel défilé du 1er mai du FN n'aura pas lieu cette année. A la place, Jean-Marie Le Pen, exclu du FN en août 2015, organise dimanche matin un rassemblement statique sous la statue de Jeanne d'Arc place des Pyramides à Paris (2e), sans sa fille. Metronews interroge le président d'honneur déchu sur ces nouvelles bisbilles internes, ainsi que sur les menaces de Daech dont le FN a fait l'objet.

metronews : Le défilé du 1er mai 2015 avait été marqué par l'irruption des Femen mais aussi, et surtout, par le conflit qui vous oppose à votre fille depuis votre exclusion du FN. Cette année, chacun sera de son côté. Pourquoi avez-vous décidé de maintenir votre propre rassemblement ?
Jean-Marie Le Pen : Je veux maintenir cette tradition créée il y a 28 ans et qui a été constamment respectée par le Front national depuis. Cette année, Madame Le Pen, présidente du Front national, a rompu la tradition du défilé de Jeanne d'Arc au prétexte que, paraît-il, Daech aurait lancé des menaces. J'ai pris le relais pour maintenir cette réunion patriotique du 1er mai en appelant à un rassemblement statique. Je pense en effet que la préfecture de police ne souhaite pas qu'il y ait de défilé pour des raisons de sécurité. Dans cette période d'état d'urgence, les effectifs ne sont a priori pas suffisants pour l'encadrer. Une chose est sûre, le rassemblement, où nous attendons au moins un millier de personnes venues de toute la France, sera surveillé de près, avec un service d'ordre privé et un effectif policier mobile et adapté.

Vous avez utilisé le mot "prétexte" concernant l'annulation du défilé traditionnel, que le FN a justifié par les menaces proférées par Daech à son encontre. Vous n'y croyez pas ?
Le Front national organise une guindaille, un déjeuner de têtes de veaux pour avoir les UMP chers à Jacques Chirac, et avec du saucisson ou du boudin pour les socialistes. Tout le monde sera content. C'est une ripaille que l'on fait là. De mon côté, c'est plus ascétique. Quant à la menace de Daech, c'est une raison que je réfute. Moi, elle ne me fait pas peur. Je ne vois pas en quoi un banquet aux abattoirs de La Villette, un nom prédestiné, serait moins exposé qu'un défilé sur la voie publique. Si Daech doit attaquer le Front national, il va peut-être le faire entre la poire et le fromage… Bien sûr, c'est un scénario que personne ne souhaite.

"Les nationaux peuvent l'emporter comme ils l'ont fait dimanche en Autriche. Il faut pour cela que le Front national rétablisse son unité."

En février dernier, dans son magazine de propagande en français "Dar-al-Islam", Daech s'en prenait pourtant directement au Front national. On pouvait y voir notamment une photo du cortège annuel du 1er mai avec cette légende :"Rassemblement d'idolâtres du FN. Des cibles de premier choix"...
FN ou pas, nous sommes tous désignés. Mais il faut faire front si j'ose dire. Si on se met à avoir peur, on ne fait plus rien. Qui pourrait dire que des milliers de personnes réunies dans un stade ne sont pas des cibles vulnérables par exemple ? On ne va pas annuler l'Euro 2016 pour autant ! La vie doit continuer.

Va-t-il être question de Daech dans votre discours ?
Mon discours devrait durer 40 minutes environ et oui, je dirai un mot de Daech, subsidiairement. C'est une des menaces qui pèsent sur la France mais ça n'est pas la seule. Notre société s'effondre. Elle est accablée non seulement par les menaces extérieures, la décadence intérieure, mais aussi et surtout par l'impotence du pouvoir. Qu'y a-t-il de plus grave pour un pouvoir que d'être impuissant ?

Vous n'avez pas été convié au "banquet patriote" du 1er mai à La Villette. Si vous l’étiez d'ici dimanche, iriez-vous ?
Non, je n'ai effectivement pas été invité et je ne le souhaite pas… Encore que, j'aimerais beaucoup, et ce sera un peu le thème de mon discours de ce 1er mai, une certaine unité. Je pense que les élections de 2017 vont être un tournant décisif dans l'histoire de notre pays. Les nationaux peuvent l'emporter comme ils l'ont fait dimanche en Autriche. Il faut pour cela que le Front national rétablisse son unité. Ce parti est le fer de lance de la bataille nationale. Il est indispensable maintenant d'avoir un mouvement unitaire d'actions.

Alors que plusieurs personnes venues assister à votre discours rejoindront La Villette, qu'irez-vous faire, alors à 13 heures ?
J'irai sans doute déjeuner avec ma chère et tendre épouse et avec des amis venus de Province. Mais je n'irai pas à La Villette, invitation ou pas.

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