Jean-Vincent Placé en garde à vue : quand l'ex-sénateur visitait les commissariats, mais pour le travail

Jean-Vincent Placé en garde à vue : quand l'ex-sénateur visitait les commissariats, mais pour le travail
Politique

ANCIENNE VIE - Jean-Vincent Placé était toujours en garde à vue vendredi matin après son interpellation en état d'ivresse dans la nuit de mercredi à jeudi, dans un bar parisien. Ironie du sort : l'ancien sénateur écologiste, poursuivi pour "outrage" aux forces de l'ordre, s'était spécialisé dans les investissements en faveur de la police et de la gendarmerie.

Avant d'être entendu par la police, il avait longuement entendu la police. L'ancien secrétaire d'Etat et sénateur Jean-Vincent Placé, interpellé en état d'ivresse dans la nuit de mercredi à jeudi dans un bar parisien, connaît plutôt bien les commissariats : au Sénat, il avait longtemps planché sur les investissements en faveur des forces de l'ordre, dans le cadre de la commission des finances. 

Poursuivi notamment pour avoir insulté les policiers venus l'interpeller à la sortie du bar du VIe arrondissement, Jean-Vincent Placé avait procédé, lorsqu'il était sénateur, à des séries d'auditions afin d'identifier les besoins financiers et matériels des forces de police et de gendarmerie. 

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Il alertait sur les manques de moyens

Parmi les nombreuses recommandations de son rapport d'information de 2013, mais aussi du rapport général de la commission des finances en 2012, l'ancien rapporteur spécial, qui a déjà passé plus de 24 heures en garde à vue, s'inquiétait notamment du sous-investissement dans les commissariats et les casernes. Il recommandait ainsi de "dégager les crédits nécessaires à l'aménagement de locaux de garde à vue conformes au respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine", jugeant ce poste de dépense prioritaire, contrairement à celui favorisant l'installation de caméras de surveillances, pour lesquelles il réclamait un moratoire. 

L'ancien sénateur s'inquiétait plus généralement de l'état des commissariats, soulignant en avoir visité dans le cadre de ses missions. "L'immobilier a trop servi de variable d'ajustement ces dernières années", faisait-il valoir. S'inquiétant pour "l'image de la police, de la gendarmerie et de la justice", qui s'en trouvait "dégradée", ce qui avait aussi un effet sur "le moral des troupes". 

Selon le récit fait par les témoins après le dérapage de l'ex-sénateur dans la nuit de mercredi, c'est un commissaire divisionnaire présent dans l'établissement qui a donné l'alerte à ses collègues, venus rapidement l'interpeller. 

En prenant à partie les fonctionnaires de police, Jean-Vincent Placé a probablement oublié durant un instant les longues heures passées à les auditionner dans le cadre de son travail parlementaire. 

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