Rocard et Cahuzac, quels étaient les liens des deux hommes ?

FLASHBACK - L'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac a affirmé que l'argent de son premier compte bancaire en Suisse servait à financer les activités politiques de Michel Rocard, ancien Premier ministre dont il était proche.

Il est étiqueté rocardien, ne s’en est jamais caché et ce n’est pas sa sortie au premier jour de son procès quiva inverser la donne. Pour Jérôme Cahuzac, le rapprochement avait commencé en 1991, quand il avait quitté ses fonctions de conseiller du ministre de la Santé en 1991, Claude Evin, en même temps que Michel Rocard avait quitté Matignon. De quoi le cataloguer ennemi de la mitterandie, puissance régnante de la gauche à l'époque.


Le chirurgien et ancien ministre du Budget prêtait-il une telle allégeance à l’homme qu’il serait allé jusqu'à réunir des millions de francs pour financer une caisse noire en cas de course à la présidentielle ? C’est en tout cas ce qu’il a soutenu ce lundi lors de l’ouverture de son procès au tribunal correctionnel de Paris pour fraude fiscale et blanchiment. Pourquoi maintenant ? Pour ne "pas faire du mal à Michel Rocard" décédé le 2 juillet dernier, a soutenu l’ex-politique de 64 ans.

Une révélation qui avait déjà été soulevée en janvier dernier par l’auteur Jean-Luc Barré dans un livre consacré à Cahuzac et intitulé Dissimulations, qui y évoquait un "réglement de comptes politiques". Car les deux hommes auraient été proches : après son départ du gouvernement en 1991, l’ancien conseiller de Claude Evin avait gardé des liens avec Michel Rocard, présenté comme son mentor, comme l’avait expliqué L'Obs en 2013. Les deux avaient été aperçus lors d’un déjeuner chez Pierre Fabre, patron de l’un des plus grands groupes pharmaceutiques français. A ce moment-là, Rocard envisageait encore de se présenter à l'élection présidentielle de 1995.

Michel Rocard "ignorait tout"

Quelqu’un en voulait-il à Jérôme Cahuzac pour ses accointances avec le chantre de la deuxième gauche ? Cinq jours après avoir quitté son poste de conseiller en 1991, il doit faire face à un contrôle fiscal, relate le juriste et spécialiste du droit constitutionnel Guy Carcassonne dans des propos rapportés par l’hebdomadaire. Des ennuis avec le fisc qui sont survenus un an avant l’ouverture de son fameux compte bancaire en Suisse. D’après Claude Evin, par ailleurs proche de Michel Rocard, il est le seul de ses collaborateurs à avoir eu affaire aux impôts après le départ de ce dernier. 


Lors de son procès, Cahuzac a soutenu que l’ancien Premier ministre "ignorait tout" : "Après les aveux (ndlr : concernant son compte en Suisse en avril 2013) j’ai décidé de tout prendre sur moi." Le procès reprendra mercredi matin.

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Le procès en appel de Jérôme Cahuzac

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