Jérôme Cahuzac "s'interdit de penser à l'avenir"

Jérôme Cahuzac "s'interdit de penser à l'avenir"

SCANDALE - Un peu plus d'an après sa démission du gouvernement suite à la révélation de son compte non déclaré en Suisse, l'ancien ministre du Budget revient sur cet épisode dans le numéro de Vanity Fair paru ce mercredi.

C'était le premier scandale du quinquennat de François Hollande. En mars 2013, Jérôme Cahuzac démissionne de son poste de ministre du Budget. Accusé par le site Mediapart de détenir un compte non déclaré en Suisse, il fait l'objet d'une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale. Pendant des semaines, il nie "en bloc et en détail" les faits. Puis passe aux aveux début avril. Depuis, silence total, jusqu'à cet entretien accordé au magazine Vanity Fair paru ce mercredi, dans lequel il revient sur ce qu'il qualifie d'"énorme connerie".

L'ouverture de ce compte en Suisse date de 1992, lorsqu'il se lance dans les implants capillaires tout en menant des missions de consultant pour des laboratoires pharmaceutiques. "Très vite, j'ai gagné bien plus qu'auparavant. Je ne savais pas quoi faire de cet argent (...) et une partie des clients de la clinique - surtout les étrangers - voulaient payer en espèces. Je me suis dit qu'avec un compte en Suisse je serais tranquille. J'ai été complètement inconscient", raconte-t-il.

L'erreur de sa vie : entrer au gouvernement

Mais "l'erreur de [sa] vie", selon Jérôme Cahuzac, a été d'entrer au gouvernement en 2012. "C'est à ce moment-là que je fous ma vie en l'air. J'aurais dû répondre non (...) Rien ne serait sorti, le temps que je trouve enfin une solution pour me débarrasser de cette saleté de compte", dit-il. Car il avait bien "tenté" de le faire, "à cinq ou six reprises", mais a buté à chaque fois sur le "même obstacle : la rupture de l'anonymat". Lorsqu'il transfère les fonds à Singapour en 2009, ce n'est pas "pour protéger l'argent mais pour que rien ne se sache jamais".

Finalement, l'affaire sortira, entraînant l'ex-ministre dans une "spirale du mensonge", comme il le dira plus tard. "C'est cette spirale que j'ai voulu lui faire raconter, les 117 jours durant lesquels il s'est enferré dans son mensonge, explique Hervé Gattegno, l'auteur de cet entretien, dans une vidéo parue sur le site du magazine . Aujourd'hui il est choqué par ce qui lui est arrivé. Il s'interdit de penser à l'avenir, car pour lui l'avenir c'est la justice, un procès, une condamnation inéluctable." Jérôme Cahuzac sera fixé sur son sort courant 2015.

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