Jérôme Kerviel à la fête de l'Huma : de "voleur" à "innocent", la volte-face de Mélenchon

Jérôme Kerviel à la fête de l'Huma : de "voleur" à "innocent", la volte-face de Mélenchon
Politique

ARCHIVES – L’ancien trader de la Société générale, Jérôme Kerviel, sorti de prison lundi était la guest star de la fête de l'Humanité ce samedi matin. Si le Front de gauche et Jean-Luc Mélenchon ne cessent de le défendre depuis des mois, cela n'a pas toujours été le cas.

"Ceci n’est pas un trader, ceci est un homme", a lancé Jean-Luc Mélenchon ce samedi matin à la fête de l'Humanité. Il désignait Jérôme Kerviel, l'ancien trader tout juste sorti  de prison et contraint de porter un bracelet électronique. L'ancien employé de la Société générale était l'invité d'honneur de la fête de l’Huma et a pu remercier les cadres du Front de gauche qui n'ont cessé de le défendre depuis des mois.

"Dreyfus n’était pas des nôtres et on l’a soutenu". Jean-Luc Mélenchon n'avait en effet pas hésité à comparer le capitaine victime de fausses accusations sur fond d'antisémitisme avec Jérôme Kerviel, condamné deux fois pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction de données informatiques frauduleuses . Mais si le président du Parti de gauche clame aujourd'hui haut et fort l'innocence de l'ex-trader, sa position était tout autre il y a quelques années...

"Cet homme est un voleur"

En octobre 2010 par exemple, lorsque Jérôme Kerviel a été condamné face à la Société générale à 3 ans de prison et à 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts, Jean-Luc Mélenchon défendait la décision rendue par le tribunal. "Tout le monde le comprend (le jugement, ndlr), il y a un principe de responsabilité dans la vie sociale. Cet homme est un voleur. Il est moins voleur que d'autres, qui eux ne seront pas punis, mais c'est un voleur. Par conséquent, il est juste qu'il soit puni", déclarait-il même, virulent, sur France 2. "Ce Kerviel et les autres ont brûlé des millions de vies", dénonçait-il aussi.

Quatre ans plus tard, donc, l'ex-candidat du Front de gauche à la présidentielle soutient Jérôme Kerviel et "son combat". Avec la même fougue qui le faisait condamner, avant, "sans pitié" l'ex-trader. "On le soutient car on pense qu’il est innocent, et nous autres à gauche sommes comme ça", s'est-il justifié dimanche sur BFMTV . Et d'ajouter : "Défendre un trader dans un conflit avec sa banque est aussi décalé que l’était la défense d’un capitaine monarchiste au début du siècle précédent contre l’institution militaire unanime". Le "voleur" serait donc finalement une victime du "système financier".

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