Jeunes Républicains passés au FN : exceptions ou lame de fond ?

Jeunes Républicains passés au FN : exceptions ou lame de fond ?

À DROITE TOUTE - Le Front national médiatise depuis dimanche le ralliement de jeunes cadres Les Républicains sur fond de campagne pour les régionales. Parmi eux, l'ex-président des Jeunes actifs, mouvement initié il y a dix ans par Nicolas Sarkozy. Des cas rares, insistent les jeune Républicains, mais des ponts existent bel et bien entre certains membres de la droite et de l'extrême droite.

C'est l'opération médiatique de la semaine pour le Front national en campagne dans le sud de la France. Acte 1, dimanche : Marion Maréchal-Le Pen, candidate aux régionales en Paca, fait conférence commune avec un certain Franck Allisio. Ce dernier, jusqu'ici président des Jeunes actifs, mouvement de trentenaires initié il y a dix ans par Nicolas Sarkozy, claironne son ralliement au FN alors qu'il soutenait encore au printemps son "ami" Christian Estrosi, le maire de Nice et tête de liste Les Républicains (LR). Franck Allisio enchaîne les télévisions : "Les dirigeants des Républicains ont trahi les idées et les électeurs", assure-t-il lundi sur BFMTV . La présidente du FN, Marine Le Pen, elle, boit du petit lait et salue une décision "courageuse".

Acte 2, lundi : Gilbert Collard, député FN du Gard, fanfaronne : "plusieurs élus trentenaires des Républicains dans le Gard me rejoignent", lance-t-il dans un communiqué. Il s'agit d'élus locaux du département qui, se référant à Franck Allisio, invitent les militants de droite "à écouter leur cœur et leurs convictions" et à rejoindre le parti d'extrême droite. Les défections des seconds couteaux ne sont pas récentes à l'ex-UMP : Olivier Mexis, ex-colistier de Jean-François Copé, Sébastien Ausserre, ancien de la Droite populaire et Sébastien Chenu , fondateur de GayLib, avaient répondu aux sirènes du FN . S'agit-il pour autant d'une lame de fond ?

Le plat de lentilles

"Franck Allisio ne pèse rien", assure à metronews Philippe Mémoli, le vice-président des Jeunes Actifs, délégué départemental dans les Bouches-du-Rhône. "Il a fait le choix de partir. Il aurait au moins pu prendre congé des Républicains au lieu de nous impliquer. Comment voulez-vous défendre des valeurs républicaines le matin et rejoindre le FN le soir ?" Un cas isolé, assure ce cadre, pour qui "il n'y a pas de passerelles" entre les deux formations. Pour lui, Franck Allisio "souhaitait être en position éligible sur les listes aux régionales et il ne l'a pas obtenu". Dans un communiqué, les Jeunes actifs l'ont aussi accusé d'avoir sacrifié toutes ses valeurs "pour un plat de lentilles et un mandat de conseiller régional".

Chez les jeunes Républicains, tous ne partagent pas cet avis. Notamment à l'aile droite du parti. "Bien sûr que je regrette qu'il soit parti", explique Pierre Gentillet, le président des Jeunes de la droite populaire, courant du député Thierry Mariani. "Je l'avais rencontré il y a deux mois. Je le sentais très désabusé. Cela m'ennuie d'autant plus qu'il paraissait proche de nos positions." Pour ce jeune cadre, "il y a bien sûr des arrivistes pour qui le FN peut représenter un investissement à long terme : s'il remporte une ou deux régions, il va se professionnaliser, avec des mandats à la clé". Mais, insiste-il, "il y a aussi des raisons de fond : la droite a abandonné de nombreux thèmes au FN".

"On se respecte"

Les "passerelles", Pierre Gentillet confirme qu'elles existent. Lui qui a passé le Nouvel An 2015 avec des cadres du FN et le numéro 2 du FN , Florian Philippot, revendique la possibilité "de discuter avec eux. On a parfois été à la fac ensemble. On se respecte". Et dénonce ces jeunes Républicains qui "se conformisent (sic) de façon lamentable, sans parler avec leurs tripes" et transforment la droite en "une armée de cadres, comme au PS". Il fixe une seule barrière : "Je n'appelle pas à voter pour le FN".

A la droite des Républicains, son camarade Maxime Duvauchelle, ex-UMP, vient de créer la Cocarde étudiante, un syndicat "indépendant" et "souverainiste". La structure compterait déjà "plus de 200 étudiants", non encartés ou bien répartis équitablement entre Les Républicains, les souverainistes de Debout la France et le FN. "Ils se retrouvent sur des valeurs communes", assure Maxime Duvauchelle. Les débauchages récents n'étonnent pas ce dernier : "Quand on entend des responsables comme Nathalie Kosciusko-Morizet (numéro 2 des Républicains, ndlr), on se demande ce qu'ils font à droite. Les élites se coupent de leur base". Tous ces jeunes cadres s'accordent sur un point : les départs vers le FN sont conjoncturels. Les idées, elles, semblent circuler durablement.

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