José Manuel Barroso file à Goldman Sachs : son successeur le prie de "clarifier son rôle"

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EXPLICATION - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a ouvert une enquête sur le recrutement de son prédécesseur, José Manuel Barroso, par la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, afin de vérifier la conformité de cette embauche.

Deux mois après l'annonce de son départ de la Commission européenne pour la banque d'affaires Goldman Sachs, l'ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, va devoir s'expliquer. Dans une lettre publiée dimanche 11 septembre par la médiatrice européenne Emily O’Reilly, qui fait pression depuis un certain temps pour qu’une telle procédure soit lancée sur son nouveau poste de conseiller en Brexit, Jean-Claude Juncker,  son successeur à la tête de l'institution, lui demande officiellement de "clarifier" son rôle au sein de la banque d'affaires.



Le dossier va être étudié par le comité d’éthique chargé de conseiller la Commission européenne, précise Jean-ClaudeJuncker dans sa missive. Cette instance peut se prononcer notamment sur la compatibilité avec les traités des activités que les anciens commissaires souhaitent mener à l’issue de leur mandat. Bruxelles avait jusqu’ici estimé que ce cas ne semblait pas enfreindre son code de conduite, dans la mesure où M. Barroso était parti depuis plus de dix-huit mois. 



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Une nomination qui passe mal

Or, la médiatrice européenne souligne que cette règle ne devrait pas être considérée comme inflexible. "Le 'droit au travail' n’est pas un droit absolu et il doit être équilibré par le droit du public à une administration éthique", note-elle. Par ailleurs  Jean-Claude Juncker a également déclaré avoir pris contact de manière formelle avec l’ancien président Barroso pour lui demander un engagement écrit de son intégrité future. 

Goldman Sachs avait annoncé début juillet avoir recruté l'ancien président de la Commission européenne (2004-2014) au poste de conseiller et président de sa branche londonienne. L’ex-chef du gouvernement portugais (2002-2004) y est chargé de conseiller la banque sur le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Cette nomination avait soulevé de nombreuses critiques sur le mélange des genres et le fait qu’un haut responsable européen puisse ainsi passer au privé. Plus de 60 000 personnes avaient signé une pétition contre ce transfert, demandant la suppression des droits de retraite de Barroso.

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José Manuel Barroso chez Goldman Sachs : pluie de critiques des responsables politiques

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