"En 2020, halte au sexisme en politique" : l'appel des élues politiques locales et têtes de liste aux municipales

"En 2020, halte au sexisme en politique" : l'appel des élues politiques locales et têtes de liste aux municipales
Politique

DROITS DES FEMMES - "A l’aube des élections municipales, nous appelons à un changement radical des pratiques du monde politique", écrivent des têtes de liste dans une tribune publiée par le réseau EluesLocales ce dimanche 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

23% des têtes de liste aux futures élections municipales seront des femmes, selon un calcul réalisé par plusieurs médias. Et seulement 16% d’entre elles sont actuellement maires. Les responsabilités politiques sont donc peu convoitées et occupées par les femmes. 

Et lorsque ces dernières sont en place, elles doivent faire avec les remarques sexistes. Selon une enquête réalisée par l'association NousToutes en lien avec EluesLocales, sur 350 élues interrogées, 72% déclarent avoir été victimes de sexisme, de harcèlement sexuel et/ou d’agressions dans leurs fonctions.

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C'est pour cela qu'à une semaine du premier tour du scrutin, le réseau EluesLocales publie une tribune appelant à la fin du sexisme en politique. Elle a été signée par des têtes de listes aux élections municipales. "Des remarques déplacées, des interventions constamment coupées en conseil municipal en passant par les agressions, rien ne leur est épargné. Comme toutes les femmes, les élues subissent les injonctions et attaques liées à leur genre", peut-on lire dans la tribune, publiée par Le Parisien. "L’écharpe de maire ou le statut d’élue n’immunisent pas contre les attaques. C’est même parfois un poids supplémentaire, qui peut conduire jusqu’à l’omerta", ajoutent les élues. 

Il en va avant tout de la responsabilité de chaque élu local –homme ou femme – de reconnaître et de faire cesser le sexisme ordinaire."- Tribune EluesLocales

"A l’aube des élections municipales, nous appelons à un changement radical des pratiques du monde politique. Trop de femmes renoncent encore à s’engager dans ce milieu culturellement masculin qu’elles perçoivent, à juste titre, comme leur étant toujours hostile." "Cette discrimination, nous la vivons en tant que femmes. Elle n’a pas de couleur politique, elle est la résultante d’une longue histoire de pratiques sexistes. Ainsi, nous en appelons à la sororité (...) Mais au-delà de cette sororité (…) il en va avant tout de la responsabilité de chaque élu local –homme ou femme – de reconnaître et de faire cesser le sexisme ordinaire, qui reste omniprésent dans le milieu politique", appellent-elles.

"En 2020, pour toutes les femmes qui ont eu le courage de s’engager pour ces élections municipales, pour ces idées, des valeurs et des projets, nous n’accepterons pas qu’elles subissent la violente déception d’être constamment ramenées à la leur genre", dit la tribune en conclusion.

Le sexisme ? "Je ne connais que ça"

En plus de cette tribune, Le Parisien a publié dans son édition de ce dimanche 8 mars tout un dossier sur le sexisme en politique. Des élues y témoignent des comportements dont elles sont victimes au quotidien sur le terrain, parmi lesquelles la présidente de la région LR Valérie Pécresse. Le sexisme ? "Je ne connais que ça", répond-elle. "Lors de ma première campagne, le surnom dont mes adversaires de gauche m’avaient affublée, c’était la blonde. Élégant ! (…) Je n’ai presque jamais entendu un homme politique être attaqué sur son physique. Et que je sache, tous ne sont pas des gravures de mode", ajoute-t-elle.

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