Jours fériés, 35 heures, départ à la retraite : Emmanuel Macron précise le "travailler plus"

Politique
TEMPS DE TRAVAIL - Interrogé jeudi 25 avril sur sa méthode pour augmenter la présence des Français au travail, Emmanuel Macron a écarté plusieurs hypothèses rebattues par ses proches ces dernières semaines pour, finalement, appuyer la réforme des retraites qui doit arriver au Parlement cet été.

Hausse du temps de travail hebdomadaire ? Du nombre de jours travaillés ? Report de l'âge de départ à la retraite ? Emmanuel Macron était attendu sur la façon dont il allait annoncer aux Français qu'ils devraient "travailler davantage". D'autant plus annoncé que, ces dernières semaines, plusieurs ministres et responsables de la majorité, de Gérald Darmanin à Agnès Buzyn en passant par Stanislas Guérini, avaient dégagé nombre de pistes. 

Les 35 heures, "c'est non"

Finalement, jeudi 25 avril, jour de sa conférence de presse de restitution du Grand débat national, en direct de l'Elysée, le chef de l'Etat a d'abord rappelé la conviction qui est la sienne : "On doit travailler davantage. Quand je regarde nos voisins, on travaille moins qu'eux dans la vie entière et on travaille moins rapporté à l'année", a-t-il martelé. Quant aux moyens pour y parvenir,  le chef de l'Etat s'est fait un malin plaisir de déminer une à une les options évoquées ces dernières semaines dans le débat public.


Supprimer les 35 heures ? Celui qui estimait en 2014 qu'il fallait toucher à ce "totem", a commencé par les conforter ce jeudi, en rappelant qu'elles étaient "une référence légale théorique". Tout en égrenant toutefois les moyens mis à disposition pour en sortir. D'abord, en expliquant avoir renvoyé "la question à la négociation dans l'entreprise ou dans la branche". Ensuite, en énumérant deux réformes qui incitaient les salariés à travailler au-delà de la durée légale hebdomadaire : "On a installé la défiscalisation et la désocialisation des heures supplémentaires, je crois au libre choix", a martelé le chef de l'Etat.

Les jours fériés, pas mieux

Que dire alors de l'hypothèse de supprimer un ou plusieurs jours fériés, comme le suggérait Stanislas Guérini sur le plateau de La Grande confrontation, mercredi 24 avril, sur LCI, pour aider au financement de la dépendance ? Pas mieux.

"Je ne suis pas favorable à ça. On a déjà essayé, ça n'a pas très bien marché", a tranché le chef de l'Etat, en mémoire du lundi de Pentecôte qu'avait instauré Jean-Pierre Raffarin en 2003. "C'est d'une complexité absolument abyssale pour tout le monde. A la fin, les entreprises le font de différentes manières", a-t-il continué d'argumenter. "Nous adorons les débats, mais si on peut s'économiser le débat de savoir quel jour férié on choisit, ce serait formidable", a-t-il ironisé.

Macron en reste à la future réforme des retraites

Reste alors la délicate hypothèse du report de l'âge de départ à la retraite, au centre d'une controverse entre plusieurs membres du gouvernement, dont celle qui la présentera au Parlement, Agnès Buzyn, et le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, qui avait mis sa démission dans la balance si cette question était remise sur la table. Faut-il travailler plus longtemps tout au long de la vie ? Là encore, Emmanuel Macron joue l'ambiguïté. Le chef de l'Etat juge ainsi que, vu l'augmentation de l'espérance de vie, il est "de bon sens" de "travailler plus longtemps". Et pourtant, il n'entend pas faire reculer l'âge légal de la retraite. "Je ne crois pas et je me suis engagé à ne pas le faire", a-t-il évacué. Argument supplémentaire emprunté à gauche : "Tant qu'on n'a pas résolu le chômage dans ce pays, ce serait absurde [...], ce serait hypocrite", a-t-il déclaré. Une analyse dont se faisait également l'écho LCI début avril, avec cette statistique : seuls 56% des 55-64 ans ont un travail, contre 80% pour les 50-54 ans.


Toutefois, si Emmanuel Macron ne plaide pas pour un recul de l'âge légal, il mise sur... la hausse du nombre de trimestres travaillés. Avec cette idée, qu'on retrouve dans la future réforme des retraites, qui passera au Parlement cet été : ne pas toucher aux 62 ans légaux, mais installer un système par points qui "incite les gens à travailler plus longtemps, mais sans contrainte". "La promesse d'un travail sans fin", répondent les oppositions de gauche, quand Emmanuel Macron défend "le libre choix". Et de sortir un argument pour les Français aux petites pensions, dans "une situation inacceptable" : une fois la réforme validée, toute pension de retraite minimale sera "supérieure significativement au minimum vieillesse [...] soit 1000 euros". A vérifier dans les années qui viennent.

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