L'affaire Baupin au coeur des journées d'été d'EELV

Politique

Toute L'info sur

L'affaire Denis Baupin

SEXISME - Alors que le parti écologiste organise ses journées d'été, un débat sur le harcèlement revient sur l'affaire Baupin. Plusieurs femmes politiques témoignent.

"Quand on entre quelque part, on est 'les victimes de Baupin' !". Quatre personnalités politiques membres ou proches d'EELV, Isabelle Attard, Elen Debost, Annie Lahmer et Sandrine Rousseau, racontent leur désarroi de femmes et de militantes depuis qu'elles ont dénoncé en mai les agissements du député écologiste Denis Baupin.

Parmi les quelque 70 ateliers organisés lors des journées d'été d'Europe Écologie-Les Verts à Lorient, celui-ci s'intitule "Harcèlement, pourquoi, comment l'éviter ?" Et trois mois après ce que l'on a appelé "l'affaire Baupin", c'est toujours le même malaise au sein du parti écologiste.

Lire aussi

    "On a peur tout le temps"

    En principe, "cet atelier n'est pas destiné à l'affaire Baupin", explique en introduction Sandrine Rousseau, devenue en juin secrétaire nationale adjointe d'EELV, "mais à travailler sur les mécanismes qui conduisent à ce que ces phénomènes se déroulent, comment les éviter, lutter contre, avoir des armes pour recueillir les témoignages des femmes". En réalité, c'est de ça dont tout le monde parle. Et surtout elles quatre. Parce qu'elles vivent l'"après-parole" dans la souffrance et parce qu'elles ne comprennent toujours pas comment ça a pu arriver au sein même de leur parti.

    "On a peur tout le temps, on somatise comme des malades, j'ai le dos coincé, Sandrine prend des petits cachets, Isabelle s'est cassé le pied", explique, très émue, Elen Debost. Le 12 juin, elle a remporté une départementale partielle dans la Sarthe, dans un tandem avec un communiste qui a battu, de 17 voix, le tandem PS. Pourtant, elle, comme les trois autres, avoue envisager de quitter la politique. "On est des 'Baupinettes', quand on entre quelque part, c'est avec une pancarte 'victime de Baupin' !", regrette-t-elle.

    L'abandon d'un parti

    J'ai fait campagne avec la compagne de Denis Baupin", Emmanuelle Cosse, alors encore secrétaire nationale d'EELV, pour les régionales en Ile-de-France, rappelle Annie Lahmer. "Je continue d'aller au conseil régional ; elle est assise 4-5 sièges plus loin à gauche ; j'ai un torticolis à gauche comme par hasard", murmure cette militante écologiste depuis plus de 20 ans.

    Sandrine Rousseau reprend le micro. "Ce qui m'a frappée, c'est que j'ai eu en face une réaction du type : 'on sait bien...'. Ca minimise", dénonce-t-elle. "J'aurais dit aux mêmes personnes que Denis Baupin avait piqué 50 balles dans la caisse, ça aurait été un problème de parti politique. Mais là non, c'était un problème personnel entre lui et moi", fustige-t-elle. "EELV sera féministe le jour où il prouvera qu'on peut être victime et continuer la politique !", s'exclame-t-elle, chaudement applaudie par la salle, plus ou moins peuplée, selon le point de vue.

    En vidéo

    Journées d'été d'EELV à Lorient : tensions autour des candidatures à la primaire

    Lire aussi

      Sur le même sujet

      Et aussi

      Lire et commenter