L'alliance LR-LaREM en Paca peut-elle vraiment faire école ailleurs ?

L'alliance LR-LaREM en Paca peut-elle vraiment faire école ailleurs ?

REGIONALES - L'annonce du retrait de liste LaREM au profit du président sortant Renaud Muselier en Paca a créé un séisme au sein de la droite. Sur LCI, le ministre Jean-Baptistes Djebbari a évoqué d'autres alliances possibles. Pourtant, rien n'est fait.

L'épisode qui secoue la droite depuis ce week-end en appelle-t-il d'autres ? L'alliance passée entre le président LR de la région Paca, Renaud Muselier, avec la majorité présidentielle a créé un séisme au sein de LR, dont la commission d'investiture avait fixé depuis le mois de février l'interdiction de passer des accords de premier tour avec LaREM. La conséquence immédiate de cet accord, qui s'est traduit par le retrait de la liste de Sophie Cluzel, a été le retrait sans attente de l'investiture LR de Renaud Muselier.

La question posée ce lundi est donc la suivante : peut-on s'attendre, dans d'autres régions, à des accords similaires en vue du premier tour entre le parti de droite et la majorité macroniste ? C'est ce qu'a laissé entendre, sur LCI, le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. "Quand vous avez un président de région qui est ouvert, qui a bien travaillé avec le gouvernement, je ne trouve pas complètement ubuesque qu’on trouve des voies de rapprochement et qu’on mène un combat électoral ensemble", a plaidé ce dernier. Interrogé sur d'autres accords possibles, le ministre a répondu : "Jean Rottner, de la région Grand Est, et je pourrais en citer d'autres", avant de nommer la région Centre-Val-de-Loire, où un candidat de droite, Nicolas Forissier (LR), affronte le président socialiste sortant François Bonneau.

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"Pas de discussion" dans le Grand Est

Pourtant, rien ne semble aller dans cette direction pour l'heure. S'agissant de la région Grand Est, une discussion entre la majorité présidentielle et le président LR sortant, Jean Rottner, avait bien été envisagée, malgré les sorties sévères de ce dernier en janvier contre la campagne de vaccination contre le Covid-19 de l'exécutif, qu'il qualifiait alors de "scandale d'État". Les mises en garde des instances LR contre un éventuel accord semblent avoir été entendues à ce jour.  "Il n'y a pas de discussion à l'heure actuelle", reconnaissait le patron de LaREM, Stanislas Guérini, lundi 3 mai sur France info, contredisant les propos de Jean-Baptiste Djebbari. C'est donc la ministre Brigitte Klinkert, figure politique en Alsace, qui continue de porter le projet du parti macroniste pour les élections régionales. 

À moins qu'un changement de paradigme ne pousse le président sortant de cette région à modifier son plan de bataille ? Un récent sondage, réalisé mi-avril et cité par Lorraine Actu, témoignait d'une forte percée du RN dans la région, où la liste conduite par Laurent Jacobelli arriverait désormais en tête du premier tour (28% des voix), devant Jean Rottner (24%) et Brigitte Klinkert (18%). Une dynamique RN faisant penser à celle de Paca, où ce type d'accord a été conçu pour faire barrage au parti de Marine Le Pen... 

Jean Rottner, qui avait été considéré comme "ministrable" par des membres de la majorité lors du remaniement de l'été 2020, a salué la semaine dernière le plan de déconfinement annoncé par Emmanuel Macron, évoquant un calendrier "sage" et "raisonnable". Pas de quoi, cependant, laisser imaginer pour l'heure un changement de stratégie dans cette région. Brigitte Klinkert semble d'ailleurs avoir scellé le dispositif actuel, en lançant sa candidature le 30 avril. "Je suis à la tête d'une liste d'union des bonnes volontés qui partagent un même projet. À l'issue du premier tour, la liste qui sera en tête devra savoir rassembler face au RN", expliquait-elle ainsi à France 3 Alsace.

Centre-Val-de-Loire : un fusion qui semble exclue

La situation est identique dans la région Centre-Val-de-Loire, également citée par Jean-Baptiste Djebbari. À ce jour, on se demande bien à qui la majorité présidentielle, dont la liste est conduite par le ministre Modem Marc Fesneau, pourrait proposer un accord de premier tour. Pas au président socialiste sortant, François Bonneau, qui a fraîchement accueilli la candidature de Marc Fesneau. "Je ne pense pas que, ces derniers temps, le gouvernement ait pris les orientations sociales qui vont bien", a commenté le patron de l'exécutif local auprès de France Bleu. "Encore une fois, président de région, ça n'est pas un lot de consolation pour un ministre qui quitterait le gouvernement."

Les choses ne semblent non plus avancer dans ce sens du côté de la tête de liste LR-UDI-Centristes, Nicolas Forissier, qui semble convaincu de pouvoir prendre la région dans la configuration actuelle. "Il n'y aura pas de fusion avec la liste de Marc Fesneau", tranchait-il jeudi 29 avril, écartant même la perspective d'un rapprochement de second tour. "Nous sommes présentés comme la seule région qui peut basculer. Même en cas de triangulaire au second tour, nous l'emporterons."

À défaut d'accord d'appareil, des débauchages individuels ? Selon La Nouvelle République, Marc Fesneau a tendu la main la semaine dernière à une conseillère régionale sortante, Dominique Cotillon (ex-LR), pour qu'elle rejoigne sa liste en 3e position. L'intéressée n'a pas répondu officiellement à ce jour...

La situation de Paca difficilement exportable

À bien y regarder, l'hypothèse d'un accord global impliquant la majorité au premier tour, comme cela est le cas en Paca, n'est pas évidente à exporter dans d'autres régions, en particulier celles où le risque d'une victoire du RN n'est pas d'actualité. Cela vaut pour les accords à droite comme à gauche. 

En Nouvelle Aquitaine, le président socialiste sortant, Alain Rousset, ne semble pas enclin à passer une alliance avec LaREM, comme cela avait été envisagé par majorité présidentielle à l'automne dernier. La ministre Geneviève Darrieussecq, désignée tête de liste par le mouvement macroniste, n'a de cesse de dénoncer "l'usure du pouvoir" qui caractériserait le doyen des présidents de région. Alain Rousset, de son côté, a moqué une candidate "qui a disparu du territoire depuis cinq ans". Quant au candidat de la droite, l'ex-maire de Bordeaux Nicolas Florian, il semble avoir été refroidi par l'alliance de second tour passée avec le candidat LaREM aux municipales bordelaises de 2020, qui s'étaient soldées par une victoire historique des écologistes, soutenus par la gauche. "Notre liste doit être en tête au premier tour, et chacun reste à sa place au second", a-t-il évacué. 

En Bourgogne-Franche-Comté, les rumeurs d'un rapprochement entre la liste LaREM, conduite par Denis Thuriot, avec la gauche régionale au pouvoir, ont été battues froides par la principale intéressée. "Le JDD affirme qu'une alliance entre le PS et LaREM est envisagée dans ma région", a expliqué la présidente PS sortante, Marie-Guite Dufay. "Je suis une femme de gauche, je mène une politique de gauche et je conduis une liste de gauche. Point final", a-t-elle martelé dans un tweet ce dimanche. 

Une alliance paraît impossible dans les Hauts-de-France, où, malgré la double menace du RN et de l'union de la gauche, Xavier Bertrand a qualifié "d'inacceptable" l'accord passé par Renaud Muselier. Comme en Ile-de-France, où Valérie Pécresse a déjà promis de ne passer aucun accord avec la majorité présidentielle. Idem en Occitanie, présidée par la socialiste Carole Delga, où la tête de liste LR Aurélien Pradié a vanté la présence d'une "droite républicaine qui n'est ni la remorque du RN, ni la remorque de la gauche ou de la macronie", et même écarté toute chance de "front républicain" contre le RN. 

En Auvergne-Rhône-Alpes, la région de Laurent Wauquiez (LR), la tête de liste LaREM Bruno Bonnell a lui-même écarté tout rapprochement, expliquant dimanche 2 mai que la situation est "différente" de Paca et que "les électeurs attendent une politique de projets sans spéculer sur des alliances politiciennes de circonstances ou d'ambition".  "Il ne faut pas généraliser aux autres régions", a ajouté Bruno Bonnell sur LCI, répétant que l'accord en Paca était justifié par la nécessité de faire "barrage au RN"

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