"L'esprit français de résistance" d'Arnaud Beltrame honoré aux Invalides

DISCOURS - Emmanuel Macron a prononcé un discours à la mémoire d'Arnaud Beltrame, le gendarme qui a perdu la vie dans l'attentat de Trèbes, en ce jour d'hommage national, mercredi 28 mars. Il a salué "l'esprit de résistance" incarné par le colonel.

Il a prononcé une éloge funèbre avant d'élever le colonel Beltrame au rang de commandeur de la légion d'honneur. Le président Emmanuel Macron s'est exprimé, mercredi 28 mars dans la cour des Invalides, en ce jour d'hommage national. Dans un discours axé sur la notion de "héros" et "l'esprit de la résistance", il a honoré la mémoire du gendarme mort dans l'attentat de Trèbes, après s'être substitué à une otage auprès du preneur d'otage terroriste.


"Il était environ 11h ce vendredi 23 mars 2019" a rappelé le président, "lorsque le colonel Beltrame s'est présenté avec ses hommes devant la grande surface de Trèbes. [...] L'employée qui était en otage était de ces innocents, sa vie ne comptait pas pour le terroriste mais cette vie comptait pour Arnaud Beltrame : elle comptait plus que tout. Elle était, comme toute vie, la source de sa vocation. Etre prêt à donner sa vie parce que rien n'est plus important que la vie d'un concitoyen, tel est le ressort intime de la transcendance qui le portait. Là était cette grandeur qui a sidéré la France."

Une référence au meurtrier de Mireille Knoll

Puis, revenant sur la carrière de gendarme d'élite d'Arnaud Beltrame, Emmanuel Macron a fait référence à "sa force morale". "Elle ne se discute pas, elle pousse à agir. L'hommage que la patrie lui rend à ce jour, nous le rendons aussi aux actions remarquables qui avaient jalonné sa carrière. Dès sa sortie de Saint-Cyr il avait choisi la gendarmerie, il en avait fait sa seconde famille" a-t-il encore rappelé, invoquant 'l'esprit français de résistance" incarné par le gendarme : "Il était un engagé, il avait juré de faire corps avec un idéal plus grand et plus haut : la défense de la France. [...] Avec lui surgissait l'esprit français de résistance." Au cours du discours, le Président a ainsi cité plusieurs grandes figures de la résistance française, de Jeanne d'Arc à Jean Moulin.


Dans un deuième temps, le discours présidentiel a pris un tournant plus politique, centré sur la lutte antiterroriste. Et Emmanuel Macron de faire référence à une affaire en cours : le meurtre de Mireille Knoll, survenu la même semaine à Paris, pour lequel le parquet a retenu le caractère antisémite : "Le camp de la liberté, celui de la France, est confronté à un obscurantisme barbare. Les atours religieux dont il se pare ne sont que le dévoiement de toute spiritualité et la négation même de l'esprit. Car il nie la valeur que nous donnons à la vie. Valeur niée par le terroriste de Trèbes, valeur niée par le meurtrier de Mireille Knoll qui a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu'elle était juive. Ce ne sont pas seulement les organisations terroristes que nous connaissons. Ce que nous combattons, c'est aussi cet islamisme souterrain, qui progresse par les réseaux sociaux, qui agit clandestinement sur les esprits faibles."

Une mémoire et un exemple qui "demeurent"

Enfin, Emmanuel Macron a souhaité qu'Arnaud Beltrame ne "soit pas mort en vain, que sa leçon demeure gravée dans le cœur des français" et s'est engagé à ce que "sa mémoire" et "son exemple" demeurent. "Votre sacrifice, Arnaud Beltrame, nous oblige, il nous élève, il dit comme aucun autre ce qu'est la France, ce qu'elle ne doit jamais cesser d'être tant que des femmes et des hommes décideront de la servir."

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