Agnès Buzyn : "Il n'y a pas du tout de front uni contre la réforme des retraites"

Agnès Buzyn : "Il n'y a pas du tout de front uni contre la réforme des retraites"
Politique

RETRAITES - La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, était l'invitée d'Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI. Au lendemain du discours d'Edouard Philippe, elle défend notamment l'âge pivot à 64 ans, "un fait scientifique".

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, était l'invitée d'Elizabeth Martichoux ce jeudi 12 décembre 2019. Au lendemain des annonces sur la réforme des retraites faites par le Premier ministre Edouard Philippe, et alors que la CFDT a rejoint les rangs de la contestation, la ministre a considéré que tous les syndicats étaient dans la rue "pour des raisons différentes". Pour elle, "il n’y a pas du tout de front uni. FO et la CGT ne veulent aucune réforme, ils ne veulent pas d’une retraite par points. La CFDT, c’est la réforme dont elle rêvait. C’est une belle réforme sociétale, c’est une réforme de progrès avec beaucoup plus de droits nouveaux pour les femmes, les plus précaires. Ce que la CFDT conteste, c’est que l’on mette une mesure d’équilibre du système, parce que notre système va perdre de l’argent dans les années qui viennent. En réalité, la contestation, elle n’est pas du tout unie. Tout le monde sera peut-être mobilisé, mais chacun pour des raisons différentes". 

Lire aussi

Concernant la réaction très critique du chef de file de la CFDT, Laurent Berger, Agnès Buzyn indique l’avoir trouvée "au-delà de ce" qu’elle imaginait. "Nous avons fait de nombreux pas en avant vers la CFDT. Un certain nombre de choses qu’elle demandait ont été prises en compte et sont dans la réforme (…) La pénibilité, ça fait partie des sujets sur lesquels nous allons discuter avec les partenaires sociaux, dans le domaine de la santé par exemple et pour les infirmières notamment", a-t-elle insisté. 

Lire aussi

"La CFDT considère que les Français ne sont pas prêts, alors que moi je considère que les Français ont du bon sens et ils savent qu’avec le vieillissement de la population, avec le fait qu’il y a moins d’actifs, nous n’avons pas d’autre choix, a insisté la ministre. Si nous ne voulons pas creuser la dette et faire en sorte que nos enfants paient deux fois - nos retraites et la dette, - eh bien nous sommes obligés d’avoir un système à l’équilibre. Ce que nous posons sur la table, c’est un âge d’équilibre, c’est factuel. C’est scientifique. C’est l’âge auquel le système ne crée pas de la dette. (...) Les modalités d’arrivée à l’âge pivot, c’est ça que nous avons proposé. L’âge d’équilibre est un fait scientifique. 64 ans en 2025, c’était brutal. Du coup, nous l’avons repoussé à 2027. Nous disons aux partenaires sociaux de trouver les moyens d’aboutir à cet âge d’équilibre en 2027".

 

Des simulations, en attendant un simulateur

Pour aider les Français dans cette réforme complexe, un simulateur qui permettra d’évaluer l’impact de celle-ci devrait être mis en place dès que possible… Mais pas tout de suite car cela "prend du temps à faire". Selon Agnès Buzyn, il devrait toutefois y avoir "dès la semaine prochaine, des simulations". "Nous faisons des cas types pour que les Français puissent faire des simulations", a précisé la ministre. 

Lire aussi

Toute l'info sur

L'interview Politique

Et si le mouvement durait des semaines, le gouvernement en tirerait-il toutes les conséquences ? "Aujourd’hui, la porte est ouverte au travail de négociation avec les partenaires sociaux, on voit bien que, selon le syndicat avec lequel on parle, ils souhaitent que l’on travaille sur tel ou tel point, donc la porte est ouverte, le Premier ministre l’a dit. Moi, je dois dire que je suis vraiment  solidaire des Français qui marchent des heures pour aller travailler. Mais il est évident que cette situation de blocage ne doit pas durer." 

S’adressant à Laurent Berger, qui appelle à la mobilisation mardi 17 décembre, Agnès Buzyn conclut : "N’allez pas à la rupture, car c’est une très belle réforme de progrès social. On a besoin de vous. On la fera, car je crois que les Français en ont envie et en ont besoin". 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent