Marlène Schiappa veut transformer l’appartement parisien d’Epstein en foyer d’accueil pour les femmes

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INTERVIEW - Marlène Schiappa était l’invitée politique d’Elizabeth Martichoux ce vendredi 18 octobre. La secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations a annoncé que dans le cadre de la lutte contre la traite des êtres humains, elle avait demandé à réquisitionner l’appartement parisien de Jeffrey Epstein.

Ce serait une action aussi "symbolique" qu’utile. Marlène Schiappa a indiqué sur LCI ce vendredi 18 octobre vouloir réquisitionner l’appartement parisien du multimillionnaire Jeffrey Epstein afin d’en faire un foyer pour les femmes victimes de violences. La secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes nous a confié en avoir fait la demande au préfet de police. 

 

En cette journée européenne de lutte contre la traite des êtres humains, l’élue en a profité pour annoncer qu’elle allait présenter, dès cet après-midi, un plan de lutte contre ce fléau. Une problématique qui fait l’actualité depuis la désormais tristement célèbre "affaire Epstein", du nom de l’homme d’affaires américain accusé d’avoir organisé un réseau pédocriminel. Parmi les pistes sont envisagées des discussions avec de grandes marques de vêtements afin qu’elles s’engagent à protéger les mannequins qu’elles embauchent. Mais aussi cette demande "symbolique" au préfet de Paris "d’étudier la faisabilité d’une réquisition, par l’Etat, de l’appartement de Jeffrey Epstein, dans le but de le transformer en centre d’accueil pour les femmes victimes de violences". Optimiste, la ministre considère que récupérer ce logement de 800 m2 en plein cœur de la capitale devrait "pouvoir être faisable juridiquement". 

 

Car des femmes tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, il y en a eu déjà eu 121 en 2019, selon les associations de lutte contre les féminicides. Un chiffre que le ministère de l’Intérieur ne peut pas encore confirmer, mais qui est déjà équivalent à la totalité des homicides conjugaux survenus en 2018. Et devant lequel Marlène Schiappa dresse un constat d'échec, sans toutefois en prendre la responsabilité. "Depuis des générations, nous avons entre 120 et 160" féminicides, note ainsi la ministre, "indifféremment des politiques menées". Un phénomène qui s’explique, selon elle, car "trop longtemps il y a eu une tolérance sociale et législative". Alors comment changer la donne ? De nouvelles mesures issues du Grenelle seront présentées le 25 novembre. 

 

Port du voile

L’élue également chargée de la lutte contre les discriminations a été interrogée sur la question du voile. Marlène Schiappa a indiqué auprès de LCI être en train de créer depuis un an, et en "consultation" avec l’Observatoire de la laïcité, une "charte de la laïcité" pour les 1.300 associations subventionnées par l’Etat. Une démarche qui ne "brusque pas" mais qui puisse donner les "outils" aux associations pour rappeler les "règles juridiques qui sont les mêmes pour tout le monde". Dans celle-ci, sur la question des signes religieux, le gouvernement rappelle simplement que "les associations peuvent encadrer et restreindre dans leur règlement intérieur le port du voile de façon proportionnée". 

 

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Mais pour la secrétaire d’Etat, pour qui il n’est "pas nécessaire d’interdire le voile par la loi pendant les sorties scolaire", la question du port de ce vêtement "ne peut pas être l’alpha et l’oméga de la laïcité". "Si on sort de la question du voile, ma conviction personnelle, c’est que la religion est quelque chose d’intime, qui doit pouvoir se pratiquer en privé mais qui doit pouvoir aussi s’exprimer et se pratiquer dans la sphère publique sans qu’il soit nécessaire d’en faire un combat". Celle qui fait l’éloge de la nuance, prônant un débat qui ne doit pas être "manichéen", estime qu’il faut être vigilant sans toutefois "brusquer la société". 

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