Sibeth Ndiaye : "La reprise de Whirlpool est un échec, mais ce n'est pas celui du président de la République"

Sibeth Ndiaye : "La reprise de Whirlpool est un échec, mais ce n'est pas celui du président de la République"
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INTERVIEW - La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, était l'invitée politique d'Elizabeth Martichoux ce jeudi 21 novembre dans la matinale de LCI. L'occasion de revenir sur la réforme des retraites, la crise de l'hôpital public ou encore la visite d'Emmanuel Macron à Amiens.

Sibeth Ndiaye était l’invitée politique d’Elizabeth Martichoux ce jeudi 21 novembre 2019. La porte-parole du gouvernement est notamment revenue sur la réforme des retraites et le mouvement de grève du 5 décembre, le plan d'urgence pour les hôpitaux ou encore la visite critiquée d'Emmanuel Macron dans la Somme, où il doit notamment retrouver des ex-salariés de Whirlpool.

Sur le fiasco de la reprise de l'usine de Whirlpool à Amiens

"L'entreprise Whirpool était en difficulté. On a fait des efforts considérables pour trouver un repreneur et son projet n'a pas réussi. Ce n'est pas l'échec du président de la République. La vraie question, c’est de savoir si on a tout mis en œuvre pour que les choses soient possibles. Dans le cas de Whirlpool et du site d'Amiens, nous avons tout mis en œuvre. On a accompagné, on a injecté de l'argent public (...) le président à titre personnel ne suit pas tous les dossiers d'entreprises en difficulté de toute la France, il reçoit tous les jours le suivi de tas de sujets différents, de sujets industriels ou du reste de la nation, il y a des équipes qui sont dédiées pour ça au ministère de l'industrie, il y a une secrétaire d'Etat…" 

"C'est un mauvais procès de dire que le président de la République n'a pas été avec le dirigeant de l'entreprise tous les jours pour décider avec lui de ce qu'il fallait faire, ça n'a aucun sens. Ce qui est certain, c'est que l'Etat a accompagné ce dossier en particulier." 

Sur Ruffin qui veut perturber la visite du président

"C'est un peu dans son habitude. On le connait dans ses outrances, ses formes de happenings. C'est sa manière de faire de la politique, pas la mienne. Je ne comprends pas l'intérêt de perturber la visite du président. Monsieur Ruffin a une tribune à l'Assemblée Nationale où il peut interpeller le gouvernement à tout moment. Il est élu de la République, c'est son droit le plus strict. Il n'y a pas d'intérêt politique, si ce n'est faire de l'agit prop (...) à partir de maintenant, compte tenu du fait qu'il y a des élections municipales, la président de la République n'aurait-il plus le droit de se déplacer en France ? C'est totalement ridicule."

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Sur l'appel à la grève du 5 décembre

"Ce que je trouve étrange dans cet appel à la grève, c'est que nous n'avons pas posé de projet de réforme. Nous avons édicté des principes, nous sommes en ce moment dans une concertation et des négociations importantes avec les organisations syndicales. J'ai du mal à concevoir qu'on se batte contre une réforme dont on n'a pas encore présenté le contenu de manière détaillée, ce contenu étant en cours de négociation. Tant que des arbitrages n'ont pas encore été pris par le gouvernement, par nature et par définition, tout est encore sur la table." 

"Je comprends les inquiétudes dès lors que l'on a un changement profond de système (...) évidemment, c'est la liberté de chacun d'appeler à manifester contre la réforme des retraites même si son détail n'a pas encore été dévoilé. Entre septembre 2019 et décembre 2019, nous aurons tenu plus de 350 réunions entre le gouvernement, les organisations syndicales et les organisations professionnelles. C'est le témoignage de notre engagement professionnel."

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Sur le budget de l'hôpital

"On a fait les choses en bon ordre et dans le bon temps. Agnès Buzyn s'est attachée à mener une concertation qui a duré près d'une année avec les professionnels de santé pour définir notre stratégie de réforme du système de santé (...) Nous avons élaboré une stratégie qui s'appelle 'Ma santé 2022' qui a vocation à refonder en profondeur un système, de réarticuler la médecine de ville et l'hôpital. Nous avons libéré le numerus clausus (…) compte tenu des réformes précédentes, nous avons fortement augmenté les dépenses de santé." 

"Ce que nous avons constaté (...) c'est qu'il y avait trop de mètres à parcourir entre la cible finale, partagée par l'ensemble des professionnels de santé, cette stratégie 'Ma santé 2022' et le moment difficile, le gap à passer. Nous avons une action d'urgence pour permettre de passer ce moment de transformation. Dans le contexte actuel, je ne m'attends pas à ce que la CGT applaudisse des deux mains. Mais j’appelle tous les professionnels de santé à regarder dans le détail tout ce que nous faisons (...) et ils verront que nous faisons des efforts pour augmenter l'attractivité de vos métiers et pour assurer un cadre de travail de bonne qualité."

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