La campagne de Macron favorisée par la métropole et la ville de Lyon ? Enquête ouverte après une plainte d'élus

La campagne de Macron favorisée par la métropole et la ville de Lyon ? Enquête ouverte après une plainte d'élus

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SOUPÇONS - Une enquête visant les collectivités lyonnaises a été ouverte vendredi, visant des faits présumés de détournements de fonds publics, de financement irrégulier de campagne électorale, d'abus de biens sociaux et de recel, lors de la campagne d'Emmanuel Macron.

La métropole de Lyon, la ville de Lyon, et, à travers elles, l'ancien maire de la capitale des Gaules Gérard Collomb, ont-ils favorisé la campagne d'Emmanuel Macron ? Pour en avoir le cœur net, le parquet a ouvert vendredi 22 juin une enquête préliminaire visant des faits présumés de détournements de fonds publics, financement irrégulier de campagne électorale, abus de biens sociaux et recel, rapporte l'AFP.


Des faits présumés qui étaient évoqués dans la plainte contre X déposée le 11 juin par le maire de Caluire Philippe Cochet, président du groupe LR à la métropole de Lyon, et son homologue à la ville, Stéphane Guilland. Selon ces élus, "des moyens publics (humains, matériels et financiers) sous le contrôle de la ville et de la métropole de Lyon", que dirigeait M. Collomb avant d'entrer au gouvernement, auraient été "indûment détournés et mis à disposition" d'Emmanuel Macron.

En cause : le rôle du directeur de cabinet de Collomb et une réception organisée pour Macron à l'Hôtel de Ville

La plainte visait notamment l'ex-chef de cabinet de Gérard Collomb quand celui-ci était à la tête de la Métropole, Jean-Marie Girier. "Depuis le milieu de l'année 2016, il apparaîtrait que celui-ci n'y exerçait plus aucune fonction réelle, étant en charge de la campagne d'Emmanuel Macron à temps plein", ont dénoncé les élus de l’opposition, qui évoquaient également des événements organisés pour Emmanuel Macron avec les fonds de la métropole, ou bénéficiant de larges réductions.

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Enquête sur le rôle de la métropole de Lyon dans la campagne Macron : Philippe Cochet (LR) réagit

Les accusation remontent à une réception organisée le 2 juin 2016, deux mois après le lancement d'En Marche!, à l'Hôtel de Ville de Lyon, au cours de laquelle Gérard Collomb avait reçu celui qui était alors ministre de l'Économie. Pour Philippe Cochet, il s'agissait d'une "opération de 'fundraising' en vue de la prochaine présidentielle", à laquelle les élus d'opposition n'avaient 

pas été conviés, contrairement aux "forces économiques et créatives" du territoire. 


Les élus LR estiment qu'Emmanuel Macron a bénéficié "d'une mise à disposition gratuite" de locaux publics "à des fins électorales et partisanes", alors que la campagne présidentielle était "juridiquement ouverte" ; et que les collectivités lyonnaises, en payant les factures, ont financé un candidat alors que le code électoral l'interdit aux personnes morales, à l'exception des partis et groupements politiques.

Des réponses "très partielles" ou "dans le détail" ?

"Il n'y a rien de nouveau dans ces informations dont le seul objet est de jeter le discrédit. La plainte des élus Les Républicains de Lyon reprend une polémique que l'opposition locale tente d'alimenter depuis plusieurs mois. La collectivité a eu l'occasion de leur répondre dans le détail à plusieurs reprises", avait rétorqué l'entourage de Gérard Collomb la semaine dernière.


Pour Philippe Cocher, au contraire, les réponses fournies étaient jusqu'ici étaient "très partielles". Il explique à LCI qu'"une fois ces éléments donnés, on s'est rendu compte que les non-réponses données les mettaient en difficulté", a-t-il dit, ajoutant ne pas être "dans une démarche de dénigrement mais dans une démarche de contribuables qui veulent savoir si, notamment lors de la pré-campagne et de la campagne d'Emmanuel Macron, il y a eu usage ou non de biens publics."

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Enquête sur la campagne de Macron : "on a des institutions publiques qui ne sont pas dotées de moyens"

PourJérôme Karsenti, avocat de l'association de lutte contre la corruption Anticor, cette enquête est "nécessaire pour la démocratie". Ce dernier estime que "manifestement, il y a un dysfonctionnement global du contrôle des dépenses des campagnes électorales et ça concerne une majorité des candidats".

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