La "campagne éclair"pour doper la participation des jeunes a-t-elle fait mouche ?

La "campagne éclair"pour doper la participation des jeunes a-t-elle fait mouche ?

DEUXIÈME TOUR - Pour tenter d'inciter les jeunes à aller voter dimanche, le ministère de l'Intérieur a lancé une "campagne éclair" qui s'achève ce samedi à 9h. Difficile d'en mesurer les effets.

85% des citoyens français de 18 à 34 ans ne se sont pas rendus aux urnes dimanche dernier, si l'on en croit l'enquête Ipsos/Sopra Steria à l'issue du premier tour. Un phénomène massif et inédit par son ampleur, auquel a souhaité répondre la ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa, annonçant une campagne "éclair" sur les réseaux sociaux de jeudi midi à samedi 9 heures.

"C’est une campagne qui s’ajoute à la campagne existante de mobilisation qui a été lancée au début du mois de juin, précise-t-on dans l'entourage de la ministre. On amplifie cette campagne pendant l’entre-deux-tours en faisant un focus plus particulier sur les jeunes, qui sont les grands abstentionnistes de cette élection."

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"Slogan creux, style qui se croit cool"

Deux vidéos sur Facebook, deux vidéos sur Twitter et deux stories sur Instagram ont notamment été postées en direction des jeunes sur les différents comptes du ministère de l'Intérieur. Des vidéos qui, sur Twitter, rencontrent des résultats d'audience honorables : près de 50.000 vues. Mais comme souvent sur Twitter, les commentaires sont peu amènes, du "slogan creux, style qui se croit cool et aucun rappel des enjeux des régionales et départementales", au plus insultant "quel est l'imbécile au ministère qui a validé un Twitt pareil ?".

Avec Facebook, les deux publications institutionnelles ont été partagées 500 fois, mais ne suscitent que peu de commentaires : une trentaine. "Cette vidéo est pas mal mais elle ne servira sans doute pas à grand chose, hélas...", juge un internaute, tandis qu'un autre réclame la reconnaissance du vote blanc. Un dernier assure lui "nous avons reçu cet après midi les enveloppes du second tour des élections, les enveloppes sont vides ! Que l'on ne s'étonne pas de l'abstention".

Enfin pour Instagram les chiffres d'audiences ne sont pas publics, ni les commentaires adressés aux stories. Sur ce réseau social, le ministère de l'Intérieur dispose d'à peu près 80.000 abonnés. La plus petite de ses communautés par rapport à Facebook (394.000 abonnés) et Twitter (741.000 abonnés).

Une génération Z de plus en plus absente des réseaux sociaux des années 2010

"Nous n’avons pas idée de combien de jeunes ça touche", reconnaît-on dans l'entourage de la ministre, d'où une volonté assumée à multiplier les canaux. En plus de Twitter, Facebook et Instagram, le ministère de l'Intérieur a déployé une stratégie sur d'autres réseaux sociaux et médias mais pas en son nom propre.

"Pour être sur Snapchat et TikTok, on a notamment recours à Topito (un site spécialisé dans la réalisation de classements) et à des médias partenaires comme France Info ou Fun Radio qui ont accepté de jouer le jeu pour appeler à voter. [...] Faire ces partenariats nous permet de toucher directement les jeunes", sans avoir à passer par une communication strictement institutionnelle, explique-t-on à Beauvau.

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En effet, si l'on s'en tient à la dernière enquête Diplomeo sur l'usage des réseaux sociaux chez les 16-25 ans, parue en février 2021, il apparaît nettement que la génération Z est en train de déserter les réseaux sociaux classiques de la décennie 2010. En quatre années, des modifications considérables se sont produit. Si, à la fin 2017, Facebook restait LE réseau social par excellence, avec 93% d'utilisateurs chez les jeunes, à la fin de l'année 2020 la chute est brutale, seuls 54% des 16-25 ans assurent l'utiliser. Baisse également chez Twitter, de 53% d'utilisateurs fin 2017, à 39% fin 2020.

Aujourd'hui, les principaux réseaux sociaux des jeunes sont de loin Instagram (82% d'utilisateurs fin 2020) et Snapchat (74% d'utilisateurs fin 2020), avec de plus en plus l'émergence du chinois TikTok passé de 4% fin 2018 à 38% fin 2020. Des nouveaux réseaux où la communication institutionnelle va devoir accroître sa présence, si elle ne veut pas être inaudible des citoyens les plus jeunes en âge de fréquenter les isoloirs.

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