La Cour des comptes douche le pari économique de Hollande

La Cour des comptes douche le pari économique de Hollande

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ECONOMIE - Dans son rapport annuel rendu public mardi, la Cour des comptes doute ouvertement de la capacité de la France à réduire son déficit à 3% du produit intérieur brut, comme promis par le gouvernement. Ce dernier se serait montré "trop optimiste" dans ses prévisions.

François Hollande ne pourra pas tenir ses engagements en matière de réduction des déficits cette année. C'est en tout cas ce qu'affirme la Cour des comptes dans son rapport annuel, rendu public ce mardi. En raison des "incertitudes qui demeurent sur les comptes de l'année 2013, il existe un risque significatif que le déficit public excède la dernière prévision du gouvernement, de 4,1% du PIB", a ainsi déclaré son président, Didier Migaud, lors de la traditionnelle présentation du rapport.

L'objectif du gouvernement pour 2014, à savoir 3,6% du PIB, ne sera donc pas rempli. Pour l'atteindre, il manque jusqu'à 6 milliards d'euros de recettes fiscales. Un écart important, qui fait dire à la Cour que le gouvernement a fait preuve d'un "excès d'optimisme" dans ses prévisions. Une pratique épinglée par Didier Migaud, qui a asséné mardi qu'il s'agissait d'un travers "récurrent" en France et qu'il "serait heureux que ces pratiques cessent". Voilà pour le recadrage.

Cinquante milliards d'économie ne suffiront pas

Pour François Hollande, c'est la douche froide. D'autant que les mauvaises prévisions de la Cour des comptes viennent compliquer un peu plus son pari économique. Le président s'est engagé à réaliser pas moins de 50 milliards d'économies d'ici à 2017, pour réduire le déficit et financer le fameux pacte de responsabilité . Avec le retard cumulé sur les objectifs de réduction du déficit, ce sera insuffisant, estiment les Sages de la rue Cambon, qui demandent des efforts supplémentaires.

La mission tourne donc au véritable casse-tête. Plus d'un mois après avoir annoncé qu'il assumerait lui-même la conduite de ces économies, ni le Président, ni son gouvernement, n'ont encore avancé de mesure. Samedi dernier, à l'Elysée, les ministres sont repartis du deuxième conseil stratégique de la dépense publique, censé arbitrer des coupes budgétaires, sans rien annoncer. Reste à savoir ce que le gouvernement va retenir des bons conseils de la Cour. Réponse au printemps : Bercy doit présenter à Bruxelles une nouvelle version de sa programmation budgétaire pour les années à venir.

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