La création d'une police municipale non-armée à Paris interroge

La création d'une police municipale non-armée à Paris interroge

SÉCURITÉ - Alors que l'Assemblée nationale s'apprête à valider la création d'une police municipale à Paris, l'opposition fustige le choix d'Anne Hidalgo de ne pas armer ses agents.

La menace terroriste rend-elle souhaitable voire obligatoire l'armement de la future police municipale parisienne ? C'est ce que souhaite l'opposition à la maire de Paris, qui refuse de doter les futurs agents d'armes létales. Le sujet est remis sur le tapis puisque l'Assemblée nationale s'apprête à voter pour la création d'une police municipale à Paris - seule ville de plus de 100.000 habitants à ne pas en être dotée avec Brest. 

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La maire du 7e arrondissement et ancienne candidate aux élections municipales Rachida Dati souhaite ainsi que "pour toute commune de plus de 100.000 habitants, l’État impose la mise en place d’une police municipale armée". "L'État devrait imposer l'armement des policiers municipaux quand la sécurité des Français est en danger. C'est le cas à Paris", a-t-elle estimé dans un tweet. Pour aider son argumentaire, la maire du 7e arrondissement prend pour exemple l'intervention de policiers municipaux lors de l'attentat de Nice.

D’autres maires LR la rejoignent, comme celui du 17e arrondissement Geoffroy Boulard. "On ne peut pas laisser la maire de Paris ne pas armer sa police. (Anne Hidalgo) s’abrite sur le fait qu’elle n’a pas les moyens de l’armer. Moi je dis on ne transige pas sur la sécurité de nos agents, et des habitants derrière. La police municipale ne vas pas intervenir sur une attaque terroriste, peut-être (…) mais il faut qu’elle soit armée le jour où ça arrive", a-t-il estimé sur CNews.

Des élus La République en marche comme le député de Paris Sylvain Maillard plaident également pour une police municipale armée. "Je lance un appel à la mairie de Paris, à Anne Hidalgo, en disant 'il faut armer nos policiers'. Il faut les armer parce qu'il faut protéger ceux qui nous protègent. On voit bien avec le terrorisme, avec le grand banditisme que nous avons besoin d'avoir des policiers qui sont armés", a-t-il déclaré sur BFMTV, estimant qu'en revêtant l'uniforme ces derniers devenaient des "cibles".

Un choix laissé à l'appréciation des maires

Le co-rapporteur de la proposition de loi Jean-Michel Fauvergue (ancien patron du RAID, député LaREM), a estimé sur RTL que la maire de Paris faisait une "erreur" en refusant d'armer sa police. "Mais je le rappelle, ça sera de sa responsabilité", ajoute-t-il. En effet, la loi qui sera votée à l'Assemblée nationale laisse la possibilité aux maires de décider d'armer ou non leur police. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a confirmé que l'armement ne serait pas imposé aux collectivités locales, même s'il s'y dit "favorable" "politiquement"

Du côté de la majorité, on continue à défendre l'idée d'une police municipale non-armée. L'adjoint à la maire de Paris en charge de la Sécurité Nicolas Nordman assure que "leurs missions ne (le) justifient pas". "L'armement introduit quelque part un risque de confusion entre police municipale et police nationale, mais aussi de désengagement et, nous ne voulons pas que la création de la police municipale soit un prétexte pour un désengagement de la police nationale", estime-t-il. 

"La police municipale parisienne doit jouer un rôle pacificateur", a à de nombreuses reprises argumenté Anne Hidalgo. "C'est une police qui connaîtra les commerçants, les acteurs du quartier, qui pourra intervenir pour pacifier. Et la police nationale gardera son rôle dans tout ce qui est lutte contre le grand banditisme, le terrorisme, les trafics de stupéfiants"

57% des policiers municipaux sont armés

La maire PS a longtemps été opposée à la création d'une police municipale. Elle s'y est résolue après les attentats à Paris de 2015 et en fait la promesse depuis 2018. La police municipale parisienne devrait comprendre 5000 personnes d'ici 2024, formées dans une école parisienne, et dotées de bâtons "Tonfa". Selon un rapport de la Cour des Comptes daté d'octobre, 57% des policiers municipaux en France étaient même dotés d'une arme à feu en 2019, notamment à Nice, Marseille, Lyon, Toulouse, Strasbourg et Montpellier.

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