Flambée des prix de l'énergie : "Une tendance qui peut durer tout l’hiver", prévient Thierry Breton

Flambée des prix de l'énergie : "Une tendance qui peut durer tout l’hiver", prévient Thierry Breton

INTERVIEW - Les prix de l’énergie ont fortement augmenté dans les pays européens, qui sont forcés de déployer des mesures d’urgence. La baisse de l’offre et la dépendance au gaz russe expliquent en partie cette crise du gaz, d’après le commissaire européen au marché intérieur.

Les prix du gaz et de l’électricité flambent en Europe ces dernières semaines, forçant les différents gouvernements à sortir leur arsenal de mesures économiques et sociales. Invité de l’émission du Grand Jury ce dimanche 26 septembre, Thierry Breton a prévenu que cette crise du gaz pourrait "durer quelques mois", voire "tout l’hiver". Mais déjà, un vent de panique souffle sur le continent. Au Royaume-Uni par exemple, des longues files d’attente se sont formées cette semaine devant des stations d’essence vides et les centrales à charbon ont redémarré pour pallier la pénurie de carburant. En France comme en Italie, des chèques énergie ont été instaurés pour soulager un peu la facture pesant sur les foyers.

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36 millions d'Européens "en difficulté"

Selon le commissaire européen au marché intérieur, cette crise trouve ses origines dans une conjonction d’événements : "Il y a eu la crise du Covid d’abord, il se trouve aussi qu’on a fermé des puits de pétrole, donc structurellement il y a une baisse de l’offre. Il y a beaucoup d’énergies renouvelables (sur le continent, NDLR) et ces dernières semaines, il n’y a pas eu de vent en Europe". Dernière explication relevée par Thierry Breton, la nette dépendance de certains pays européens gaz russe et qui en "font les frais" aujourd’hui. À l’heure où les prix ont grimpé de manière quasi inédite, Moscou est soupçonné de rationner volontairement ses clients européens. Selon le Kremlin, la mise en service du gazoduc Nord Stream 2, situé sous la mer Baltique, devrait permettre de rééquilibrer ces tarifs records. 

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Mais pour l’instant, la crise est d’ampleur et elle touche directement 36 millions d’Européens, d’après les calculs du commissaire au marché intérieur, dont 5 millions de France en France. "Il y a des instruments, il faut s’en occuper très vite", a jugé Thierry Breton, saluant l’instauration d’aides immédiates comme les chèques énergie, qui concerne en France 5,8 millions de ménages. 

De son côté, la Commission européenne s’est dit prête à valider des "mesures temporaires" des États-membres face à la hausse des prix du gaz et de l’électricité, comme des réductions de TVA, des versements directs aux populations les plus modestes ou des aides ciblées pour les ménages et les petites entreprises. "On va activer les instruments pour que les États puissent intervenir rapidement auprès de ceux qui en ont besoin", a confirmé Thierry Breton. 

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