La cure médiatique de Marine Le Pen lui a-t-elle été bénéfique ?

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CHUT - Depuis le début de l’année, la présidente du FN a décidé de raréfier sa présence dans les médias afin "de prendre de la hauteur". Mais pas sûr que cette stratégie soit vraiment payante

La présidente du FN, qui effectuait sa rentrée politique samedi à Brachay, n’a pas pour autant décidé de mettre fin à sa stratégie de retrait médiatique mise en place il y a quelques mois.  "Vous me verrez peu, cette année", promettait-elle en janvier dernier. Une promesse respectée puisqu’elle n’accorde des interviews qu’au compte-goutte. Ce quasi silence est avant tout stratégique, il vise à lui faire "prendre de la hauteur", elle qui avait jusqu’à présent l’habitude de réagir à la moindre actualité. "Sa parole doit être raréfiée, préservée", expliquait il y a quelques mois l’un de ses conseillers.


Mais cette cure de silence n’a pour l’instant pas profité à la popularité de Marine Le Pen. Celle-ci n’a en effet pas progressé depuis le début de l’année. Dans les sondages, elle stagne, voire régresse légèrement. Comme le constate le directeur général délégué d’Ipsos, Brice Teinturier dans le JDD, "depuis la dernière présidentielle, on distingue deux séquences. Entre 2012 et 2014, Marine Le Pen n’est jamais en dessous de 30% d’opinions favorables ; depuis 2014, elle a perdu entre cinq et dix points". 


Ce trou d’air en termes de popularité est-il de mauvais augure, à huit mois de l’élection présidentielle ? Pas forcément car, paradoxalement, les intentions de vote en faveur de Marine Le Pen n’ont pas baissé depuis le début de l’année. Elles progressent même légèrement si l’on se réfère aux enquêtes électorales menées par le Cevifop en partenariat avec Ipsos et Le Monde.

Le défi du second tour

En janvier 2016, elle se situait entre 25% et 26% d’intentions de vote au premier tour (que ce soit Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé). Elle grimpait à 28% en mai 2016. D’ailleurs, au FN, on relativise sa baisse de popularité. "Elle a pris du recul et ça n’a pas eu d’impact négatif. Le but était qu’elle se retire en janvier et qu’elle en tire un bénéfice en mai 2017, pas en septembre 2016", avance un dirigeant du FN dans  Le Monde.


Au-delà du paradoxe entre sa popularité et les intentions de vote, le problème auquel est confronté Marine Le Pen, c’est sa capacité à rassembler au second tour. En tête dans six régions lors des dernières régionales, le FN n’a pas réussi à en gagner une seule. Et la crainte de voir Marine Le Pen arriver en tête au premier tour de la présidentielle mais être incapable de remporter le second domine dans l’état-major frontiste.


Sa cure médiatique devait notamment servir à adoucir son image afin qu'elle soit perçue comme moins clivante. Et de ce point de vue, l’objectif n’est pas (encore ?) atteint. Les plus récents sondages montrent qu’au second tour, elle serait systématiquement battue par un candidat de droite. Sa seule chance de victoire serait, éventuellement, face à François Hollande. Mais la présence du président sortant au second tour en 2017 est très incertaine, pour ne pas dire presque improbable. 

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Marine Le Pen à Brachay : "Elle vise le second tour"

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