"On a le sentiment d'être sur le Titanic" : la députée Frédérique Dumas quitte LaREM avec fracas

"On a le sentiment d'être sur le Titanic" : la députée Frédérique Dumas quitte LaREM avec fracas

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POLITIQUE - La députée des Hauts-de-Seine Frédérique Dumas a annoncé dimanche soir qu'elle quittait La République en marche pour rejoindre l'UDI, ainsi que le club de Xavier Bertrand la Manufacture.

"On a le sentiment d'être sur le Titanic." La députée des Hauts-de-Seine Frédérique Dumas a claqué la porte dimanche soir de La République en Marche, direction l'UDI et le club de Xavier Bertrand. Un coup dur pour le groupe parlementaire, qui affronte une seconde défection en quelques mois. 


"Beaucoup de choses vont dans le bon sens, mais les fondamentaux du macronisme ont été oubliés. On confond vitesse et précipitation", a-t-elle assuré dans Le Parisien. "Il s'agit, bien sûr, de l'expression de déceptions profondes et les raisons de ce choix de quitter la majorité, que je fais avec tristesse, sont toutes mûrement réfléchies", a par ailleurs annoncé la députée dans un courrier à ses administrés.

"J’attendais des gestes forts à la rentrée, cela n’a pas été le cas"

Dans sa lettre, Frédérique Dumas indique qu'elle "quitte La République en marche, pas Emmanuel Macron". Pour autant, la députée semble avoir la dent dure à l'égard du chef de l'Etat, si l'on en croit son interview dans Le Parisien : "On nous explique que les ministres doivent faire des sacrifices personnels en abandonnant leurs convictions, leurs idéaux. Qu’il faut avaler toutes les couleuvres, pour rester au gouvernement. C’est dangereux. Emmanuel Macron, lorsqu’il défendait sa loi comme ministre de l’Économie, cela n’avait rien à voir avec la façon de faire actuelle."


Toujours dans le quotidien, la députée enfonce le clou : "J’attendais des gestes forts à la rentrée, cela n’a pas été le cas. Ce que dit Alexandre Benalla des sénateurs montre qu’il a encore une forme d’impunité. Et Richard Ferrand, à la présidence de l’Assemblée… Sa procédure judiciaire, même s’il n’est jamais mis en examen, est une épée de Damoclès sur une fonction très importante. Il ne s’agit pas de mettre en cause leurs compétences, mais pourquoi nomme-t-on consul Philippe Besson qui a fait un livre sur le président ? Pourquoi, quand on a décapité pratiquement tout le ministère de la Culture, la seule nomination que l’on fait est celle d’Agnès Saal (condamnée pour "frais de taxis indus") ?"

"Bravo d'avoir le courage de continuer à défendre vos propres idées dans notre parti"

Coté centristes, on se réjouit de cette défection. "Bravo d'avoir le courage de continuer à défendre vos propres idées dans notre parti, où on est toujours libre de débattre collectivement", s'est réjoui dans un tweet le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde. Il s'agit de la deuxième défection dans le groupe LaREM à l'Assemblée, après le départ de l'ex-PS Jean-Michel Clément, qui s'était opposé à la loi Asile et immigration.


La députée, productrice de cinéma de profession et qui était coordinatrice d'un groupe de travail parlementaire sur l'audiovisuel public, avait déjà critiqué publiquement en juin la décision de la ministre de la Culture de supprimer de la TNT la chaîne France 4. Ex-directrice générale de la filiale cinéma d'Orange, Orange Studio, Frédérique Dumas avait notamment coproduit "The Artist" ou "Gainsbourg, vie héroïque". La parlementaire avait entamé sa carrière politique en 1986, en entrant au cabinet de François Léotard au ministère de la Culture.

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