La DGSE aurait surveillé Thierry Solère, rival de Claude Guéant en 2012

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ESPIONNAGE - "Le Monde" assure mardi que le renseignement extérieur français a scruté en 2012 les téléphones et l'adresse internet de Thierry Solère lors des législatives dans les Hauts-de-Seine. Cet élu UMP était le candidat dissident, opposé à Claude Guéant, alors ministre de l'Intérieur. Ce dernier nie en bloc. Le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête préliminaire.

Le candidat dissident était-il dans le viseur de la DGSE sur ordre de Claude Guéant ? Selon Le Monde de ce mardi, la Direction générale de la sécurité extérieure a en tout cas surveillé les téléphones et l'adresse internet de Thierry Solère, rival à droite du ministre de l'Intérieur aux législatives de 2012 dans les Hauts-de-Seine. Au lendemain de ces révélations parues lundi soir, le parquet a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire sur cette affaire. 

Retour en arrière. Début 2012, Thierry Solère avait été exclu de l'UMP alors qu'il avait annoncé son intention de présenter une candidature dissidente face à l'ex-ministre de l'Intérieur, soutenu par le parti. Finalement victorieux, il sera réintégré en février 2013 au sein de la formation devenue depuis Les Républicains. "Ses téléphones et son adresse Internet on été espionnés dès son exclusion de l’UMP, le 20 mars 2012. La surveillance n’a été interrompue qu’après la découverte fortuite de son existence par la direction technique de la DGSE", assure Le Monde, selon qui une "surveillance physique" a même été demandée à un lieutenant-colonel de la DGSE. Une demande finalement abandonnée.

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"C'est très grave"

D'après Thierry Solère, cité par Le Monde , une rencontre a eu lieu le 4 janvier avec Claude Guéant place Beauvau : le ministre de l'Intérieur et un de ses conseillers lui "ont fait comprendre que si je me retirais, je pourrais y trouver mon compte, ce qui était pour moi hors de propos".

Cinq ans plus tard, Thierry Solère a appris avec étonnement l'éventualité de cet espionnage. Au Monde, il affirme que "si cela se confirme, je suis non seulement très surpris mais consterné. C'est très grave. Je savais que le député sortant et maire de Boulogne-Billancourt (ndlr: Pierre-Christophe Baguet, qui a soutenu M. Guéant) était prêt à tout pour me faire perdre, mais c’était, pour moi, un combat politique."

Interrogé par le quotidien, l'ancien ministre de l'Intérieur nie de son côté toute implication dans l'affaire : "Cela ne me dit strictement rien, et c’est opposé à mes principes. Jamais je n’ai fait de demande en ce sens à qui que ce soit. J’étais ministre de l’Intérieur et à ce titre je n’avais aucune autorité sur la DGSE", qui dépend du ministère de la Défense, un portefeuille détenu par Gérard Longuet au moment des faits. En fin d'après-midi, Claude Guéant est allé plus loin, demandant au ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian de "diligenter une enquête, et éventuellement de saisir la justice". 

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