La France menace les pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants de réduire leurs visas

La France menace les pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants de réduire leurs visas

DIPLOMATIE - Aux pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière, notamment ceux soupçonnés de radicalisation, la France agite la menace d'une réduction des visas.

Clément Beaune assume le chantage. Ce dimanche sur Europe 1, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes a indiqué que la France n'hésiterait pas à envisager une réduction "ciblée" du nombre de visas attribués aux pays qui rechignent à reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière, notamment ceux soupçonnés de radicalisation.

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"Il faut dire à ces pays qu'ils doivent reprendre les personnes qui sont identifiées comme leurs ressortissants", a-t-il déclaré. "Nous avons des leviers pour le faire, par exemple les visas (…) en ciblant des responsables politiques, des responsables économiques. Oui, c'est un des leviers que le président de la République, que le ministre de l'Intérieur envisagent", a ajouté Clément Beaune.

Selon le ministère français de l'Intérieur, la France compte 231 étrangers en situation irrégulière suivis pour radicalisation et a fait de leur expulsion une priorité. Mais ces expulsions ne sont pas toujours possibles. "Lorsque les personnes à renvoyer ne disposent pas d’un titre d’identité, l’État doit obtenir l’accord du pays d’origine, à travers l’émission d’un laissez-passer consulaire. Or, l’obtention de ce document (...) n’est pas toujours évidente. D’autant plus que ces pays n’ont pas nécessairement intérêt à coopérer", lit-on sur le site Vie publique

C'est là que la diplomatie intervient, et ce fut notamment un objet des visites de Gérald Darmanin en Russie, au Maroc ou en Algérie ces dernières semaines. Dans certains pays le sujet fait polémique, notamment en Tunisie (pays d'origine de l'auteur de l'attentat de Nice) où la possibilité d'un retour au pays de Tunisiens ayant rejoint des groupes djihadistes en Syrie avait déclenché des manifestations hostiles en 2016.

Une action européenne ?

Clément Beaune a insisté sur la nécessité d'une action concertée avec les autres pays européens, notamment de l'espace Schengen, pour une meilleure efficacité. "A un moment il faut être concret, efficace (…) On respecte nos partenaires mais en Européens, avec nos partenaires européens, on doit mettre cette pression", a-t-il relevé. "Là aussi il faut sortir de la naïveté, il faut passer par une action européenne parce que nous sommes plus forts dans ces pressions", a-t-il martelé.

Dans un entretien au Parisien daté de ce dimanche 15 novembre, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin indique que sur les 231 "étrangers en situation irrégulière et suivis pour soupçon de radicalisation (...) nous en avons expulsé 48, dont 30 au cours de ces trois dernières semaines. Cinquante ont été placés en centre de rétention administrative et 40 assignés à résidence, en attente d’être expulsés. Sur les 231, plus de la moitié est donc hors d’état de nuire"

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