La France pas "un pays à prendre", "comme une femme" : la métaphore hasardeuse de François Fillon

Politique
MALADRESSE OU DÉRAPAGE ? - Invité des Grandes Gueules sur RMC lundi, François Fillon a été interrogé sur son "envie" d'être président de la République. La réponse de l'ancien chef du gouvernement, jugée sexiste sur les réseaux sociaux, est "consternante" pour la ministre des Droits des Femmes Marisol Touraine.

Il est en pleine promotion de son livre mais se serait sans doute volontiers passer de cette publicité. Invité des Grandes Gueules sur RMC lundi matin, François Fillon voulait visiblement casser son image d'homme lisse : après avoir reconnu avoir "merdé" sur la TVA sociale, il s'est laissé aller à une comparaison aux relents sexistes.

"Est-ce que vous êtes candidat par devoir ou est-ce que vous avez envie d'être président de la République ?", lui était-il demandé. "Bien sûr que j'en ai envie, si vous croyez pas que je me tape (sic) la vie que je mène depuis trois ans si j'en avais pas envie", répond alors celui qui ne ménage pas sa peine en vue des primaires de la droite de l'an prochain. Jusqu'ici tout va bien. Mais le rival de Nicolas Sarkozy poursuit ensuite avec une métaphore pour le moins osée : "Simplement ce que je n'aime pas dans cette formulation-là, c'est le sentiment que la France c'est un pays à prendre, c'est comme une femme, au fond, et il faut vraiment en avoir envie, et il faut lui montrer tous les jours, et il faut avoir ce projet-là depuis sa naissance, etc. J'aime pas ça parce que je trouve que c'est pas rationnel. La France, la gestion d'un pays c'est pas seulement une question d'émotion et de passion."

Repérée par Le Lab , cette sortie n'a pas manqué d'être rapidement taxée de sexiste sur les réseaux sociaux.

Le coup de grâce a finalement été porté par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé mais aussi des Droits des Femmes.

Le Lab rappelle que Dominique de Villepin avait lui aussi été critiqué en 2006 pour une métaphore similaire : "La France a envie qu’on la prenne, ça la démange dans le bassin". Mais à l'époque, il avait nié avoir tenu ces propos qui lui avaient été attribués dans un livre de Franz-Olivier Giesbert. Celui qui était alors chef du gouvernement s'était même dit "blessé" qu'on lui prête des phrases aussi "vulgaires" ...

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