La "Grande confrontation" : haro sur la rémunération de 21,8 millions de François-Henri Pinault

Politique
ARGENT - Pour l'exercice 2018, le PDG du groupe Kering François-Henri Pinault touchera 21,8 millions d'euros. Une rémunération exceptionnelle votée ce mercredi par les actionnaires, et qui a fait réagir sur le plateau de La Grande confrontation. Marine Le Pen et François Bayrou souhaiteraient notamment que cette somme ne puisse pas être déductible des impôts de l'entreprise.

Ce mercredi, les actionnaires du groupe de luxe Kering ont approuvé la rémunération record du PDG François-Henri Pinault. Pour l'année 2018, elle s'élèvera à 21,8 millions d'euros, contre 2,7 millions au titre de 2017, en raison du déblocage d'une rémunération de long terme basée sur la performance. Le groupe avait précisé en mars que la majorité de la somme, une fois défalquée des impôts et charges sociales, allait être entièrement réinvestie dans le groupe. 


Mais sur le plateau de LCI, où les principaux chefs de partis étaient réunis pour La Grande confrontation, cette rémunération exceptionnelle a fait réagir. Le leader socialiste Olivier Faure a jugé cette dernière "excessive" et "indécente", et a tout de suite tapé sur le gouvernement. "Ce qui est scandaleux aussi, c'est qu'avec ce gouvernement, les dividendes sont taxés moins que le travail" a-t-il ajouté. "Aujourd'hui, quelqu'un qui vit de ses dividendes est (...) moins (imposé) qu'un salarié qui rentre dans l'impôt sur le revenu."

Si les actionnaires veulent se payer un type à 22 millions d'euros, ils ont le droit de le faire mais sur leurs dividendes."Marine Le Pen

Marine Le Pen a, elle, expliqué qu'elle n'était pas pour que l'entièreté de la somme soit déduite des impôts de l'entreprise. "Je pense que si des actionnaires ont envie que leur patron soit rémunéré 22 millions d’euros, ils doivent pouvoir le faire. Il y a juste une chose avec laquelle je ne suis pas d’accord. C’est que cette rémunération soit déduite de ce sur quoi l’entreprise va payer des impôts." La présidente du Rassemblement national propose donc que jusqu'à 1 million d'euro, la rémunération puisse être déduite de la base d’imposition de l’entreprise. "Mais au-dessus, l’actionnaire doit payer. S’ils veulent se payer un type à 22 millions ils ont le droit de le faire mais c’est sur leurs dividendes que sera payée la rémunération, et non sur les impôts que l’entreprise doit verser.(…) Car ça revient à faire payer aux Français une rémunération exceptionnelle."


François Bayrou s'est dit d'accord avec Marine Le Pen. "J’ai toujours pensé que ces salaires, (…) au-dessus d’une certaine somme, devaient être extraits des charges de l’entreprise". 


Pour La France insoumise, Adrien Quatennens a proposé de "limiter l’écart des salaires au sein d’une même entreprise de 1 à 20". Si les actionnaires "veulent des dirigeants extrêmement chers, ils peuvent maintenir la rémunération, mais pour tenir l’écart ils devront aussi augmenter les plus petits salaires" a-t-il expliqué.

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