"La justice, ce n'est pas pour les autres" : le Syndicat de la magistrature répond aux attaques de Mélenchon

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Procès des perquisitions de la France insoumise

COMPLOTISME - Après des attaques virulentes de la part de personnalités politiques, et notamment Jean-Luc Mélenchon, le Syndicat de la magistrature a tenu à réaffirmer l’indépendance de la justice, en condamnant des attaques "outrancières" cachant mal un "fantasme d’impunité".

Lundi 16 septembre, le Syndicat de la magistrature (SM) a répondu via à un communiqué aux accusations et sous-entendus de Jean-Luc Mélenchon. Le chef de file de La France insoumise, qui doit être jugé les 19 et 20 septembre prochains pour "rébellion, provocation et actes d'intimidation envers l'autorité judiciaire" lors des perquisitions à son domicile et au siège de son parti, en octobre 2018, a dénoncé des "procès politiques", ou encore une "procédure d’exception ". Des propos qui ne passent pas auprès du syndicat, qui s’agace et les qualifie d’ "attaques outrancières". Il ajoute : 

Nous continuons à dénoncer la rhétorique devenue ritournelle du ‘complot judiciaire’ opportunément scandée par des responsables politiques mis en cause pénalement- SM

"La justice, ce n'est pas pour les autres", réaffirment aussi les magistrats, appelant au "respect de l'indépendance de la justice et à l'égalité devant la loi". "Ces attaques cachent mal un fantasme d'impunité et de toute puissance malheureusement trop répandu qui abîme notre Etat de droit", tancent-ils.

Richard Ferrand "tombé dans un piège"

Quelques jours après avoir appelé de ses vœux la fin des "procès politiques", Jean-Luc Mélenchon a estimé que Richard Ferrand, mis en examen pour "prise illégale d'intérêts", ne devait pas démissionner, déclarant que le président de l'Assemblée nationale était peut-être "tombé dans un piège". Un soutien inattendu, qui a fait tiquer le syndicat, pour qui "le sommet est atteint" : 

Nous continuons à dénoncer la rhétorique devenue ritournelle du "complot judiciaire" opportunément scandée par des responsables politiques mis en cause pénalement.- SM

Or, comme le rappelle à l’AFP par ailleurs Jacky Coulon, de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), "les responsables politiques sont des justiciables comme les autres. S'il y avait un complot politique, tout irait dans le même sens, or on voit bien que ce n'est pas le cas dans les différentes enquêtes visant des personnalités de droite comme de gauche".

Nicolas Bay et "l'acharnement" de la justice

De son côté, la garde des Sceaux Nicole Belloubet défendait dimanche l'action des magistrats et réfutait toute "instrumentalisation" de la justice. Mais l’ancien candidat à la présidentielle n’est visiblement pas convaincu. Il a répondu au communiqué des magistrats par un tweet, dans lequel il évoque une "manipulation". "J'attends un mot contre les fuites de presse organisées, contre les rendez-vous douteux avec le juge Moro [un juge brésilien ayant envoyé l'ancien président du Brésil Lula en prison, ndlr]", écrit-il aussi.

Le président de la France Insoumise n'est pas le seul à avoir émis des critiques contre la justice. Le député européen du Rassemblement national (RN) Nicolas Bay a lui aussi pointé du doigt "l'acharnement" de la justice contre Patrick Balkany, faisant le rapprochement avec l'affaire des assistants parlementaires de son propre parti. L'élu a cependant bien précisé qu'il se défendait de toute "solidarité politique" avec les autres partis poursuivis.

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