La justice retient 2 millions d'euros au RN, Marine Le Pen dénonce "une volonté d'assassiner" et lance un appel au don

POLITIQUE - La justice a décidé de confisquer l'enveloppe de 2 millions d’euros d’aides publiques d’Etat censées financer le parti du Rassemblement National, dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs présumés au sein du mouvement de Marine Le Pen.

Les juges d'instruction ont finalement décidé de saisir les 2 millions d'euros de subventions qui devaient être versés lundi au Rassemblement national (ancien Front National), rapportent nos confrères de l'AFP. Le mouvement de Marine Le Pen devait normalement percevoir lundi, comme tous les autres partis politiques, l'aide publique que verse l'Etat au titre du financement public des partis. La justice soupçonne le Rassemblement national d'avoir mis en place un système dans le but de détourner les fonds européens réservés aux assistants parlementaires.


Le préjudice est estimé à environ 7 millions d'euros. Les juges ont décidé de prélever l'argent à la source afin de s'assurer que l'argent serait bien disponible. Sur Twitter, la présidente du Rassemblement national a réagi à cette décision : "En confisquant notre dotation publique sans jugement sur cette pseudo affaire des assistants, les juges d'instruction nous appliquent la peine de mort 'à titre conservatoire'. La volonté d'assassiner le premier parti d'opposition est un coup de force inédit contre la démocratie", a-t-elle tweeté ce dimanche. 

Preuve que la situation est grave pour le mouvement, le père de Marine Le Pen et fondateur du mouvement a lui aussi critiqué la décision de justice, sans toutefois mentionner sa fille, avec qui les relations sont notoirement dégradées :

Selon nos informations, le parti de Marine Le Pen a annoncé son intention de faire appel de la décision. Dans un communiqué, le Rassemblement national appelle "tous les Français épris de liberté et de démocratie quelles que soient leurs convictions à faire échec à ce coup de force des juges". Un site dédié alertedemocratie.fr sera mis en place par le parti de Marine Le Pen ce dimanche à 20 heures "pour sauver financièrement le mouvement national" (sic).


Déjà vendredi 6 juillet, le représentant du Rassemblement national (RN, ex-Front national) au Parlement européen, Bruno Gollnisch, a été mis en examen par les juges d’instruction financiers parisiens pour "abus de confiance" pour l’emploi présumé fictif entre 2005 et 2015 d’assistants parlementaires. Les assistants de l'eurodéputé Bruno Gollnisch concernés sont Guillaume L'Huillier, ancien directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen, et Micheline Bruna, qui a été secrétaire du cofondateur du Front national.

Il s'agit de la dixième personne mise en examen dans cette affaire où sont déjà poursuivis le Rassemblement national (ancien Front National) en tant que personne morale et huit assistants ou eurodéputés, dont la présidente du parti d’extrême-droite, Marine Le Pen, et le député des Pyrénées-Orientales, Louis Aliot. L’enquête, déclenchée en 2015 après un signalement de l’ex-président socialiste du Parlement européen Martin Schultz, vise 17 élus ou ex-élus frontistes et une quarantaine d’assistants.

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La justice saisit deux millions d'aides publiques : le RN en faillite ?

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