La lutte pour le maintien des APL et l'héroïsme d'Arnaud Beltrame : la comparaison de Macron pour fustiger ses opposants

La lutte pour le maintien des APL et l'héroïsme d'Arnaud Beltrame : la comparaison de Macron pour fustiger ses opposants

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COUP DE GUEULE - Dans un documentaire de France 3 diffusé ce lundi soir, Emmanuel Macron a critiqué "ceux qui pensent que le summum de la lutte c'est les 50 euros d'APL", faisant un parallèle avec les valeurs pour lesquels le colonel Arnaud Beltrame était décédé le 23 mars dernier lors des attentats de Trèbes.

Dans un documentaire diffusé ce lundi sur France 3, à l'occasion du premier anniversaire de son élection, intitulé "Emmanuel Macron, la fin de l'innocence", Emmanuel Macron a critiqué "ceux qui pensent que le summum de la lutte c'est les 50 euros d'APL", déclarant que ces derniers n'avaient "rien compris" à l'histoire de la France, s'essayant à une comparaison peu commune avec les "valeurs" pour lesquelles le colonel Beltrame avait perdu la vie lors des attentats de Trèbes, le 23 mars dernier.

"Ils ne savent pas ce que c'est que l'histoire de notre pays"

"Le colonel Beltrame est mort parce que la France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d'une guerre qui le dépasse. Les gens qui pensent que la France, c'est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus (...)" et où l'"on invoque la tragédie dès qu'il  faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte c'est les  50 euros d'APL, ces gens-là ne savent pas ce que c'est que l'histoire de notre pays", a ainsi développé le président de la République, dans un extrait du documentaire diffusé sur France Inter. "L'histoire de notre pays, c'est une histoire d'absolu, c'est un amour de la liberté au-delà de tout, c'est une volonté de l'égalité réelle", a ajouté le chef de l'Etat, dans une sortie qui oublie les luttes collectives qui ont marqué l'histoire hexagonale et ne devrait pas être sans faire réagir.


Invité d'Europe 1, le réalisateur du documentaire Bertrand Delais a jugé qu'on "ne peut pas donner tort" à Emmanuel Macron. "Simplement, est-ce que c'est audible dans l'état de crispation du pays ?" Le réalisateur, récemment placé à la tête de LCP dans un climat de contestation, a par ailleurs "assumé pleinement" la proximité qui lui avait été reprochée vis-à-vis du chef de l'Etat. Ce qui explique peut-être que la journaliste de France Inter Dorothée Barba qualifie le documentaire d'"hagiographie".

En vidéo

Emmanuel Macron s'exprime sur la baisse des APL (TF1)

Des réactions outrées

Outre les commentaires narquois sur l'absence de distance affichée par le documentaire, assumée par son réalisateur, le film a surtout charrié de nombreuses réactions pour la sortie du Président. Au premier rang desquelles, on trouve bien sûr celles des élus de la France insoumise 

Mais aussi des socialistes, qu'ils soient réputés plus à gauche ou plus à droite, à l'instar de Stéphane Le Foll, qui s'est fendu d'un appel au philosophe Paul Ricoeur, dont Emmanuel Macron avait été brièvement l'assistant :

Le Président a même réussi à choquer à sa droite, par l'intermédiaire notamment de Florence Portelli, ex-porte-parole de François Fillon

La baisse des APL, une "mauvaise décision" pour Denormandie

La baisse à l'automne dernier des aides personnalisées au logement (APL), de 5 euros mensuels pour 6,5 millions de ménages bénéficiaires, sans distinction, avait suscité de vives réactions notamment au sein des ONG de défense des mal-logés, du côté des bailleurs sociaux ou encore certains syndicats. 


Sur France 3 dimanche, le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires Julien Denormandie a d'ailleurs reconnu que cette mesure avait été une "mauvaise décision", ajoutant que le gouvernement avait "corrigé la chose" et que la "réforme de fond sur le logement social" lancée fait que "demain, il n'y aura plus aucun perdant aux APL".

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