Le maire FN de Hayange veut expulser le Secours populaire, l'antenne locale refuse de rendre les clefs

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CONFLIT - Le Secours populaire de Hayange, en Moselle, est prié de faire ses valises au plus tard vendredi 30 septembre. Le maire FN, Fabien Engelmann, joint par LCI, accuse la présidente de l'association de "salir l'image du parti d'extrême droite".

La municipalité de Hayange, ancienne ville industrielle tombée dans l'escarcelle du FN en 2014, refait parler d'elle. Cette fois, c'est le Secours populaire qui est l'objet de son courroux. L'antenne locale de l'association à but non lucratif, reconnue d'utilité publique et déclarée Grande cause nationale, est priée de quitter les lieux au plus tard vendredi 30 septembre, a annoncé le maire Fabien Engelmann à l'AFP. 


Joint par LCI, Fabien Engelmann, qui avait déjà fait valoir cette menace en mars 2016, se justifie : "La présidente de l'association, ainsi que le trésorier sont des militants du PC, qui utilisent l'image du Secours populaire pour faire de la politique et attaquer systématiquement le Front national".

Nous n'avons pas rendu les clésAnne Duflot-Allievi, présidente du Secours populaire à Hayange

La présidente du comité local du Secours populaire, Anne Duflot-Allievi, a répliqué auprès  à l'AFP : "On n'est pas dans la politique, le seul combat qu'on mène, c'est contre la misère. Nous n'avons pas l'intention de rendre les clefs, ni de partir. Nous n'avons pas vidé ni nettoyé le local. Nous voulons continuer à venir en aide à nos 776 bénéficiaires", a-t-elle ajouté. "Ce qui me fait le plus mal au coeur, c'est que si on perd le local, on ne pourra plus aider les personnes dans la misère. Ce sera la mort du Secours populaire à Hayange", a déploré la responsable.


L'association a joint le geste à la parole ce vendredi. "Un huissier est venu, avec la directrice des services de la mairie, et nous a demandé de rendre les clefs. Nous avons dit 'Non'", a expliqué à l'AFP Anne Duflot-Allievi, la présidente du comité local de l'association caritative qui aide plus de 750 personnes par mois. Fabien Engelmann, a précisé qu'une procédure d'expulsion allait être lancée contre cette "association qui occupe sans titre ni droit un local municipal".

Le seul combat qu'on mène c'est contre la misèreLa présidente du comité local du Secours populaire

La municipalité fait valoir une "propagande pro-migrants" comme raison de cette expulsion. La présidente de l'association caritative estime que le maire lui reproche des propos qu'elle a tenus au journal Libération en décembre 2015, à propos d'un goûter de Noël dont les enfants de migrants auraient été exclus sur décision de la municipalité. "Fabien Engelmann a décidé que seuls pourraient venir à ce goûter ceux dont les parents touchent les minima sociaux, donc exit les migrants !", avait alors déclaré Anne Duflot-Allievi au quotidien national.


Selon elle, le maire reproche également au Secours populaire d'avoir travaillé, lors d'un événement caritatif, avec l'association "Hayange, plus belle ma ville", opposante notoire à la munipalité FN. Quelle que soit l'issue du conflit, elle n'arrangera pas les relations de Fabien Engelmann, maire déjà décrié par d'anciens alliés frontistes, avec ses opposants, qui comparaient Hayange à "une petite dictature". dans l'article de Libération.

VIDEO. A Hayange, le Secours populaire conserve (pour l’instant) les clés de son local

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A Hayange, le Secours populaire conserve (pour l’instant) les clés de son local

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