"La promesse de 100% d’expulsions faite par Emmanuel Macron dans Valeurs Actuelles ? Il ne le fera jamais", dit Christian Jacob

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L'INTERVIEW POLITIQUE - Christian Jacob était l’invité politique d’Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI ce mercredi 6 novembre 2019. Le président des Républicains a notamment évoqué longuement les mesures sur l'immigration que le gouvernement va annoncer.

Élizabeth Martichoux recevait ce mercredi 6 novembre 2019 sur LCI, dans le cadre de son interview politique, Christian Jacob. Le nouveau président des Républicains a écrit mardi à Emmanuel Macron une lettre demandant au chef de l’État la création d’une nouvelle commission sur la laïcité, sur le modèle de la Commission Stasi en 2003, anticipant les annonces du gouvernement sur l’immigration ce mercredi matin. Passage en revue de ses réponses.

Sur les annonces du gouvernement en matière d’immigration

"Il semble qu’on va rester dans le traditionnel ‘en même temps’, c’est-à-dire l’immobilisme. La France est devenue le premier  pays d’Europe pour les demandes d’asile, ce qui veut dire qu’il y a une vraie attraction sociale. Le délai de carence de trois mois ? Cette mesure ne changera rien, puisque 90% des demandeurs déboutés ne sont jamais reconduits aux frontières. Les gens en situation illégale continueront donc d’attendre et ils resteront. La promesse de 100% d’expulsions faite par Emmanuel Macron dans Valeurs Actuelles ? Il ne le fera jamais. Tout ce qu’il a fait en deux ans et demi, c’est élargir la possibilité du regroupement familial. Il nous faut une politique globale sur le droit d’asile, et le premier filtre doit exister dans le pays de départ."

Sur l’aide médicale d’État (AME)

"L’AME aujourd’hui est un puits sans fond, qui coûte plus d’un milliard d’euros. Il faut un droit minimum à payer, comme un salarié français a obligation d’avoir une mutuelle. La protection d’une personne en situation légale ne doit pas coûter plus cher. Nous déposerons prochainement au Sénat une proposition de loi pour supprimer l’AME et la remplacer par une AMU, une aide médicale d’urgence."

Sur les quotas pour l'immigration économique

"Nous y sommes favorables chez LR, mais au-delà du seul aspect économique, qui concerne seulement 10% des titres de séjour. La droite veut des quotas globaux, sur tous les secteurs, y compris l’immigration familiale, sur l’ensemble des titres de séjour, soit 260.000, avec un vote public chaque année au parlement. Il y a eu une augmentation de 14% par rapport à l’année dernière, et encore seulement pour l’immigration légale. Il faudrait aussi lutter contre l’immigration illégale. Commençons donc par appliquer la loi et raccompagner aux frontières les immigrés illégaux, et revenons aux lois Pasqua pour ne plus automatiser la nationalité française. Il faut aussi conditionner une aide aux pays pour qu’ils gardent leurs migrants, créer une force navale pour lutter contre le trafic d’êtres humains. On doit mettre en place une politique de coopération internationale."

Sur l’objectif politique d’Emmanuel Macron

"Son objectif, c’est tout dans le verbe et rien dans l’action. Je rappelle qu’il y a deux ans, il promettait une baisse des dépenses publiques, et la droite y était sensible. Mais la réalité, c’est qu’elles augmentent beaucoup plus vite que sous François Hollande. Nous avons eu 170 milliards de dettes supplémentaires en deux ans, et sur l’ immigration c’est le même problème, beaucoup de mots mais pour quelle action ?"

Sur Edouard Philippe qui évoque déjà un prochain débat d’Emmanuel Macron avec Marine Le Pen

"Je l’ai entendu de manière simple, c’est toujours le même double discours. Ils lancent des cris de vierge effarouchée contre les extrêmes mais tout est fait pour les valoriser. Ce cynisme consiste à dire que c’est Macron ou le chaos. Attention à ce petit jeu, et à l’effet boomerang. Je me suis amusé à relire les sondages de mai 2018 et un an avant la présidentielle, Emmanuel Macron était à 12%, loin derrière Alain Juppé et Marine Le Pen, donc relativisons. On verra à l’arrivée."

Sur la situation de LR

"Bien sûr que nous nous sommes en difficulté, puisque c’est notre échec aux élections européennes qui m’ont fait accéder à la présidence du parti. Mais je crois en notre capacité de rebond."

Sur le voile et la laïcité

"Le Président qui dit que le voile n’est pas son affaire, ce sont des propos irresponsables et dangereux. C’est son affaire. Si Jacques Chirac avait fait comme lui en 2004, où en serait-on aujourd’hui ? Il a eu raison de s’emparer du sujet et d’interdire les signes religieux à l’école. La République, c’est notre affaire, je ne comprends pas qu’il (Emmanuel Macron) tienne ce discours. Il ne s’agit pas d’être dans la mesure d’affichage mais dans un vrai travail de fond, comme Jacques Chirac en son temps. Personne aujourd’hui n’est prêt à remettre en cause cette loi de 2004, surtout avec une pression du communautarisme actuellement bien plus forte. Le Président doit assumer ses responsabilités."

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