La proposition WTF du jour : Morano veut stopper l'immigration en Europe

La proposition WTF du jour : Morano veut stopper l'immigration en Europe

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DECRYPTAGE – Invitée sur BMFTV ce mardi matin, l'eurodéputée LR Nadine Morano s'est positionnée en faveur de l'arrêt de l'immigration face à l'afflux de réfugiés aux portes de l'Europe. Une proposition compliquée à mettre en place et qui ne servirait pas forcément les pays membres.

Que doit faire l'Europe face à l’afflux de réfugiés, un "envahissement" ressenti par les Français dixit Nadine Morano, qui reprend un air déjà entonné à sa droite ? La députée européenne a sa petite idée : envoyer des messages forts, à l’opposé, selon Nadine Morano, de ce qu’envoie l’Union européenne actuellement. Quel message fort : "L’Europe ne prend plus de réfugiés" et sa variante "il n’y aura plus d’immigration dans l’Union européenne".

Plus d’immigration ? Diantre, le projet évoqué par Nadine Morano est ambitieux. Mais est-il réaliste ? Metronews se pose trois questions.

Arrêter l’immigration en Europe, est-ce possible ?
Nadine Morano a peu détaillé le message que l’Union européenne doit envoyer selon elle mais, au cours de l’interview sur BFMTV , elle évoque toutefois une méthode. Comment s’y prendrait-elle alors ? Face à Jean-Jacques Bourdin, l’eurodéputée a lié la défense de l’espace Schengen et de la libre circulation - s’opposant ici à Marine Le Pen, à laquelle elle est souvent comparée - à condition de refermer les frontières extérieures, selon elle trop poreuses.

Fermer les frontières, soit. Nadine Morano n’a toutefois pas détaillé comment : en augmentant les contrôles le long de la frontière ? Des points de passage ? En fermant physiquement la frontière comme l’a fait récemment la Hongrie avec la Serbie pour enrayer l’afflux de migrants sur son territoire ? Une clôture à 20 millions d’euros qui n’a fait que déplacer la problématique. Un combat vain dans tous les cas pour François Crépeau, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme des migrants, contacté par la Tribune de Genève : "Empêcher l’immigration est impossible [...] Les frontières sont poreuses, on ne peut pas éviter que des gens entrent. Les autorités en sont conscientes, mais n’osent pas le dire".

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Et est-ce souhaitable ?
A priori, non. De multiples études montrent les bienfaits de l’immigration comme celle-ci, relayée dans un article paru en 2012 sur le site du  Courrier international . Certes, les immigrés recevaient de l’État, à cette époque, 47,9 milliards d’euros mais ils en reversaient 60,3 milliards d’euros. Le solde positif est donc d’environ 12 milliards d’euros. "Les immigrés pèsent sur les caisses chômage mais ils ne pèsent pas sur les caisses de santé et de retraite" résume RFI , en 2011.

Autre bénéfice de l’immigration : les travailleurs étrangers se font généralement embaucher dans des emplois sous-qualifiés, souvent précaires et mal payés, boudés par les salariés français . Des métiers pourtant indispensables au quotidien.

Combien ça couterait ?
Si le coût est difficilement estimable celui de la surveillance des frontières par l’agence de sécurité européenne Frontex est en revanche, lui, connu : 114 millions d'euros en 2015 selon lefigaro.fr . Un chiffre en nette hausse par rapport à 2013, où son budget était alors de 94 millions d'euros. Qui finance Frontex ? Tous les pays de l’Union européenne. Augmenter ses missions, c’est donc augmenter son coût qui pèse sur les 28.

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