La retraite des sénateurs jalousée par les députés

Palais du Luxembourg, siège su Sénat.
Politique

INÉGALITÉ - A la retraite, un sénateur peut espérer toucher une retraite deux fois plus élevée qu'un député. Ces derniers, selon "Le Parisien", réclament donc que les membres de la chambre haute se penchent sur leur système de retraite et envisagent une réforme.

La tension monte entre les députés et les sénateurs. La cause ? Les retraites de ces derniers, bien plus confortables que celles des premiers. En effet, depuis la fin du régime spécial de retraite des députés et l’entrée en vigueur des nouvelles règles le 1er janvier dernier, les députés à la retraite percevront une pension d’environ 700 euros (auparavant, un seul mandat de cinq ans permettait à un membre de l’Assemblée de toucher 731 euros par mois de retraite de base et 400 euros de retraite complémentaire).

En revanche, au Sénat, les règles ne sont pas les mêmes, et les élus du Palais du Luxembourg percevront eux une pension de 1831 euros. "Nous avons réformé notre propre régime en l’alignant sur celui de la fonction publique. Les sénateurs seraient avisés d’examiner le leur" a déclaré la députée LaREM Laurianne Rossi au Parisien qui révèle la discorde. Sauf que, le Sénat se défend en expliquant qu’il paye ses retraités grâce aux versements des sénateurs et du Sénat, et qu’il ne bénéficie pas de subventions publiques. Ainsi, la chambre haute du Parlement bénéficie de 1,4 milliard d’euros pour les retraites de ses collaborateurs (627 millions pour les 639 anciens sénateurs, et 777 millions pour les retraités du personnel, explique Le Parisien).

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Des subventions financées par le contribuable

Toutefois, selon Pierre-Edouard du Cray, directeur des études à l’association Sauvegarde retraites interrogé par le quotidien, "le Sénat continue de verser chaque année au régime retraites quelque 9,4 millions d’euros par des cotisations dites employeur qui ne sont en réalité que des subventions financées par le contribuable".

"L'opposition conservatrice est aujourd'hui enfermée dans des positions partisanes qui ne correspondent pas à la volonté de changement et d'efficacité exprimée par les Français et les territoires, a déclaré au Parisien Florian Bachelier, questeur et député LaREM. Il faudrait par conséquent que la grande expérience du président Larcher lui permette enfin d'aller au-delà de ces postures et d'engager le même processus de transformation au sein de la chambre haute." Le changement ne pourra en effet intervenir que des sénateurs eux-mêmes, puisque la Constitution interdit au pouvoir exécutif d'intervenir dans le fonctionnement du Sénat.

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