La secrétaire d'Etat aux Droits des femmes épinglée pour son "maigre" rapport grassement payé

La secrétaire d'Etat aux Droits des femmes épinglée pour son "maigre" rapport grassement payé

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POLÉMIQUE – Lorsqu'elle était adjointe à la mairie de Paris en 2011, la secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, Pascale Boistard, avait rédigé un rapport pour le Conseil régional d'Île-de-France : 30 pages payées... plus de 7.500 euros. Un document "bien maigre", pointe Marianne, qui a révélé l'information. L'UMP ne manque pas de s'engouffrer dans la brèche.

Le document semble être resté dans les cartons. Mais il a permis à son auteur de gagner une somme rondelette. Marianne épingle jeudi "le très cher rapport de la secrétaire d'Etat aux Droits des femmes" Pascale Boistard. En 2011, révèle l'hebdomadaire, celle qui était alors adjointe à la mairie de Paris et assistante parlementaire de la sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon, deux fonctions pour lesquelles elle percevait respectivement 3400 euros et 2300 euros par mois, s'était vue confier par le président PS de la région Île-de-France, Jean-Paul Huchon, la rédaction d'un "rapport sur la politique d'intégration du Conseil régional d'Île-de-France". A la clé, une rémunération de plus de 7.500 euros, dont elle n'aurait déclaré que 6.900 euros dans sa déclaration d'intérêts. Mais là n'est pas l'essentiel du problème selon Marianne.

Boistard se justifie...

L'hebdomadaire pointe en effet du doigt le contenu du rapport lui-même. Car celui-ci est "bien maigre" : trente pages en tout et pour tout, en comptant page de garde, sommaire et bibliographie. Et la majeure partie d'entre elles se contentent de "recenser les décisions de la Région", la rubrique "préconisations" ne faisant que 4 pages.

Interrogée par Marianne, Pascale Boistard défend la légitimité de son travail. Il "a permis de recenser un vaste ensemble d’actions réalisées par la Région dans des domaines divers, sans que la valorisation de ces actions n’ait été jusqu’alors envisagée globalement. Ce travail a d’ailleurs été suivi d’effet puisque la Région a décidé notamment d’intervenir sur les foyers de travailleurs migrants, sur l’intégration par la langue et la valorisation des cultures, etc."

... Pécresse l'étrille

Mais le même article donne également la parole au député René Dosière, spécialiste des dépenses de l'État. Et il n'épargne pas sa camarade socialiste. "C'est au premier abord une mauvaise pratique. Mais cela est classique du copinage. Le rapport proprement dit n’est que le support pour donner un peu d’argent à quelqu’un", souligne-t-il, avant de rappeler le cas de Xavière Tibéri, l'épouse de Jean Tiberi, qui avait été mise en cause dans les années 1990 pour un rapport sur "la francophonie et la coopération décentralisée". "Au moins Pascale Boistard connaissait-elle quelque chose au sujet traité. Mais l’exercice est proche sinon identique".

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De son côté Valérie Pécresse, la présidente du groupe UMP au conseil régional d'Île-de-France, se montre beaucoup plus sévère. "L'argent des contribuables a-t-il servi à financer une élue socialiste pour un rapport sans contenu" ?, s'interroge-t-elle auprès du magazine, ne manquant pas d'appeler à "mettre fin à ces pratiques et à cette opacité". La candidate aux régionales de 2015 a même créé un incident en ouverture d'une commission permanente de la Région, interpellant Jean-Paul Huchon pour dénoncer "l'affaire de trop", avant de quitter la séance avec les autres élus UMP. Jean-Paul Huchon a répliqué en a récusant l'existence de toute "caisse noire" et en renvoyant Valérie Pécresse à l'affaire Bygmalion sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. Ambiance.

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