La "vague verte" des municipales fragilise-t-elle le maintien d'Edouard Philippe à Matignon ?

Edouard Philippe est chef du gouvernement depuis trois ans
Politique

ÉCOLO COMPATIBLE ? - La déferlante écologiste observée dans les grandes villes aux municipales peut-elle fragiliser le maintien d'Edouard Philippe à Matignon ? Le Premier ministre, qui a admis être "venu sur le tard" à l'écologie, peut-il incarner le virage vert souhaité par Emmanuel Macron ?

Edouard Philippe est-il "écolo" ? L'est-il assez pour être maintenu à Matignon après le succès des Verts dans les grandes villes au second tour des élections municipales ? Est-il la bonne personne pour incarner le virage écologiste que souhaite prendre le président de la République pour la fin de son quinquennat ? 

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Bien sûr, son élection au Havre et sa cote de popularité plaident en sa faveur. Mais le Premier ministre, représentant de la droite modérée, n'a pas vraiment la fibre verte. Avant d'entrer au gouvernement, en tant que député, l'ancien cadre d'Areva a voté contre la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte, et contre la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Concernant Notre-Dame-des-Landes, alors qu'il était encore porte-parole d'Alain Juppé dans le cadre de la primaire, il avait déclaré en octobre 2016 : "J'espère qu'on pourra engager les travaux avant mai ou juin 2017." En tant que maire du Havre, il a toujours défendu la centrale à charbon de la ville.

Un changement de sensibilité ?

Depuis, a-t-il changé ? En septembre 2017 sur le plateau de France 2, Edouard Philippe avait avoué être "venu sur le tard" aux problématiques écologistes. "Je sais que nous vivons avec ce sujet, comme beaucoup de Français, j'évolue sur ce sujet", avait-il déclaré. "Je n'ai jamais été totalement rétif à ces questions mais j'évolue à mon rythme", avait-t ajouté. "Certains le trouvent trop rapide, d'autres trop lent. C'est le mien." En juin 2019, lors de son discours de politique générale, le Premier ministre avait promis une "accélération écologique" de son gouvernement. 

Depuis son arrivée à Matignon, le bilan écologique du gouvernement est mitigé : seules deux centrales à charbon sur quatre seront fermées d’ici 2022, le cap fixé par Emmanuel Macron de 50% d’énergies renouvelables en 2025 ne sera pas respecté, tout comme l'interdiction totale du glyphosate d’ici 2021. En revanche, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne sera pas construit, tout comme le parc de loisirs EuropaCity.

Aussi, selon l'un de ses proches interrogé par l'AFP, s'imaginer Edouard Philippe comme "quelqu'un de droite très industrialiste qui n'en a rien à faire de l'écologie", "c'est vraiment très faux". Il se désole aussi que les frictions avec l'ancien ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot aient fait tant "de mal" à la réputation du chef du gouvernement.

Il y a deux semaines, interrogé sur son futur au sein du gouvernement, Edouard Philippe avait déclaré en parlant du Président : "(il) sait qui je suis, ce que j'incarne, ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire". L'écologie fait-elle partie des sujets qu'il a envie de défendre ?

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