La ville de Paris propose un confinement de trois semaines "si la situation sanitaire s'aggrave"

La ville de Paris propose un confinement de trois semaines "si la situation sanitaire s'aggrave"

PROPOSITION - Alors que le Premier ministre Jean Castex a placé Paris dans les zones sous "surveillance renforcée", la mairie propose deux solutions : soit la situation ne se dégrade pas et elle s'opposera à un confinement partiel, soit elle se dégrade et prônera un confinement de trois semaines.

La ville de Paris va-t-elle être reconfinée ? C’est l'une des solutions évoquées par le premier adjoint Emmanuel Grégoire, à l'issue de la conférence de presse du Premier ministre Jean Castex. "Si la situation s'aggrave vraiment", prévient-il, la mairie proposera "une mesure de confinement", sur le modèle de novembre. Une restriction qui durerait "trois semaines", avec pour but de "couper la vague". Mais avec une condition : avoir "la perspective de retrouver de l'oxygène" et donc "de rouvrir certains lieux" à son issue. Une campagne de dépistage ciblée aurait également lieu.

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"La proposition que nous formulons est celle qui fait consensus sur le plan scientifique", explique Emmanuel Grégoire sur LCI (voir vidéo en tête de cet article). Il s'oppose notamment à un confinement uniquement le week-end, mesure prise à Dunkerque et à Nice et potentiellement à compter du 6 mars dans les 20 départements placés sous "surveillance renforcée" par le gouvernement. "La vie ne peut pas être métro-boulot-dodo", fustige l'adjoint de la maire PS Anne Hidalgo. "On ne peut pas considérer qu'il est grave de se contaminer lorsque l'on se promène le week-end, et que ce n'est pas grave à l'école, en entreprise ou dans les transports."

La mairie de Paris propose donc d'agir vite et fort pour retrouver plus rapidement une vie avec moins de restrictions. "Compte tenu de l'alerte légitime de la part du gouvernement sur l'aggravation de la situation, nous porterons une option de durcir (les mesures) pour obtenir des résultats certains, plutôt que des demi-mesures qui ne sont pas suffisantes et qui conduisent inexorablement à durcir" plus tard, indique Emmanuel Grégoire. "Si cela doit passer par des efforts supplémentaires à court terme pour des espoirs beaucoup plus certains à moyen terme, je crois qu'une majorité de citoyens y seront favorables."

Pour Castex, "c'est loin d'être aussi simple"

À Paris, la situation épidémique est effectivement en train de s'aggraver. Selon les derniers chiffres, le taux d'incidence atteint désormais les 318 cas pour 100.000 habitants, en hausse constante depuis les fêtes de fin d'année (144 fin décembre). "75% des lits de réanimation sont saturés, il y a une incidence en explosion, et c'est lié aux variants", poursuit le premier adjoint. "Nous sommes désormais confrontés à une accélération brutale, les jours qui viendront nous permettront d'y voir plus clair."

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En revanche, la mairie de Paris s'opposera à un confinement partiel si la situation sanitaire cesse de se dégrader. Si l'accélération ne se confirme pas dans les jours à venir, "le Conseil de défense de mercredi prochain en prendra acte et n'alourdira pas les mesures, et tant mieux", veut croire Emmanuel Grégoire. La mairie, également favorable à "un retour au télétravail de façon obligatoire" et à des mesures "ciblées, avec discernement et à durée limitée" vis-à-vis des commerçants, entend faire remonter ses propositions au gouvernement en début de semaine prochaine, après dialogue avec l'Agence régionale de santé et la préfecture de police au cours du week-end.

Toutefois, cette proposition est encore loin d'être acceptée. En conférence de presse ce jeudi, le Premier ministre Jean Castex a montré une certaine opposition à des mesures aussi strictes. "J'entends certains appeler à un confinement dur et immédiat dans l'espoir de nous débarrasser une bonne fois pour toutes du virus. Malheureusement, c'est loin d'être aussi simple, notamment en raison de la propagation des variants", a fait valoir le chef du gouvernement. "Le confinement est un levier auquel nous devons recourir quand on ne peut pas faire autrement. Il faut tout faire pour le retarder."

La droite parisienne défavorable

Cette proposition a d'ores et déjà fait bondir la droite parisienne. Le groupe d'opposition au conseil municipal Changer Paris (Républicains, centristes et indépendants) a dénoncé sur son site une proposition "aberrante". "Prétendre confiner Paris sans tenir compte de ses voisins est un non-sens absolu : le virus ne s'arrête pas aux portes du périphérique !", fustigent les élus de droite et du centre parisiens qui reprochent à Anne Hidalgo d'avoir fait cette proposition "sans aucune concertation, ni avec les maires d'arrondissement, ni avec les élus des communes limitrophes."

L'opposition parisienne, pour qui "l'expérience de la crise a montré qu'un confinement de ce type n'était pas à même de vaincre l'épidémie", réclame une réunion des élus de Paris "avec les autorités sanitaires et administratives afin d'envisager ensemble les mesures que la situation exige".

Ils sont rejoints dans leur défiance par la présidente de la région Ile-de-France qui, selon une déclaration de son entourage à LCI, ne voit "aucun sens" à l'idée de "défendre une approche ville par ville ou département par département" et prône au contraire l'activation de tous les leviers possibles pour "éviter" un nouveau confinement.

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