Laboratoires pharmaceutiques : la plume de Hollande épinglée par Mediapart

Laboratoires pharmaceutiques : la plume de Hollande épinglée par Mediapart

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ELYSEE - Le conseiller politique de François Hollande a démenti jeudi tout "conflit d'intérêts". Selon Mediapart, il aurait établi des liens avec les laboratoires pharmaceutiques alors qu'il était inspecteur à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

La plume du président a-t-elle trempé dans les eaux troubles du conflit d'intérêts ? C'est l'accusation portée jeudi par Mediapart à l'encontre d'Aquilino Morelle. Le conseiller de François Hollande, dont la discrétion n'a d'égale que l'influence à l'Elysée, a fait l'objet d'un portrait au vitriol sur le site, entre conflit d'intérêts et comportement de "petit marquis" au Château.

Au centre de l'enquête de Mediapart : les activités d'Aquilino Morelle en 2007, à l'époque où celui-ci travaillait à l’Igas (Inspection générale des affaires sanitaires) en sa qualité de médecin. Son rôle ? Contrôler les laboratoires, mais aussi rédiger un rapport sur "l’encadrement des programmes d’accompagnement des patients associés à un traitement médicamenteux, financés par les entreprises pharmaceutiques". Or en parallèle, il aurait également travaillé pour le laboratoire danois Lundbeck, pour qui il aurait organisé un rendez-vous avec le Comité économique des produits de santé.

"L'Élysée m'a dit que je risquais d'être placé sur écoute"

La prestation aurait été facturée 12 500 euros hors taxes, même s'il aurait pris soin de ne pas se rendre au rendez-vous pour préserver la discrétion de sa mission, selon Mediapart . Toujours selon le site, Aquilino Morelle aurait également démarché d’autres laboratoires en 2008 et 2009, notamment Servier, celui-là même qui se cache derrière l'affaire du Mediator. Faux, a assuré dans l'après-midi le principal intéressé.

"A aucun moment je n'ai été en situation de conflit d'intérêts", a déclaré celui qui est aussi le chef du Pôle communication de l'Elysée dans un long droit de réponse publié sur sa page Facebook. Rappelant qu'il est "docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux de Paris et ancien élève de l'ENA" mais aussi "inspecteur général des affaires sociales", Aquilino Morelle assure avoir "respecté toutes les règles et toutes les procédures, en particulier le passage devant la Commission de déontologie" de la fonction publique d'Etat.

"Je suis suffisamment au fait de la vie politique pour ne pas m’émouvoir de la charge dont je viens d’être l’objet", a en outre réagi le conseiller politique. Une charge professionnelle, mais également personnelle. De très bonnes bouteilles de la cave élyséenne débouchées pour de simples déjeuners de travail, des discours écrits par un autre conseiller du Président qu'il se serait attribué... Mediapart multiplie les anecdotes à charge. Notamment la privatisation d'un salon de l'hôtel Marigny, dépendant de l'Elysée, qu'un cireur du Bon Marché vienne faire briller ses chaussures. Ce dernier aurait d'ailleurs perdu un client, comme le révèle Le Point , qui l'a contacté : " "Il m'a laissé entendre que je ne travaillerai plus pour lui. Il m'a précisé qu'il n'avait pas trente paires de Weston, mais une dizaine." Avant d'ajouter : "Je ne souhaite pas en dire plus. L'Élysée m'a dit que je risquais d'être placé sur écoute."

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