Lâché par la gauche, Aquilino Morelle jette l'éponge

Lâché par la gauche, Aquilino Morelle jette l'éponge

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ELYSÉE – Aquilino Morelle, le conseiller politique de François Hollande, annonce vendredi qu'il démissionne de ses fonctions. Jean-Christophe Cambadélis, Marisol Touraine, Emmanuelle Cosse... Tous avaient pris dans la matinée leurs distances avec celui qui est soupçonné de conflit d'intérêts depuis la publication d'un article de Mediapart.

La situation devenait intenable pour Aquilino Morelle . Le plus proche conseiller de François Hollande, dans la tourmente depuis qu'un article de Mediapart l'a accusé de conflits d'intérêts, a annoncé vendredi qu'il quittait ses fonctions auprès du chef de l'Etat, afin d'être "entièrement libre de répondre (aux) attaques". Depuis vingt-quatre heures, il devait se sentir bien seul au Château. Pas un ténor socialiste ne s'était exprimé pour soutenir celui qui s'est fait épingler pour "son goût du luxe", et qui conteste les informations - des "insinuations" et "allégations" d'après lui - selon lesquelles il aurait "travaillé en cachette pour des laboratoires pharmaceutiques" quand il était inspecteur général des affaires sociales. Pire, ceux qui avaient pris la parole l'avaient enfoncé.

Au nom de la "République exemplaire", "Aquilino Morelle doit démissionner", avait lancé dès jeudi sur Twitter le député Philippe Cordery, secrétaire national du PS aux questions européennes. Vendredi matin, c'est le nouveau patron du parti en personne qui mettait la pression sur la plume du chef de l'Etat. "Si ce qui se dit est vérifié, je ne vois pas comment il peut rester", avait jugé Jean-Christophe Cambadélis sur i>TELE. De son côté, la secrétaire nationale des Verts, Emmanuelle Cosse, s'était indignée sur France Info en demandant si "on avait appris de l'affaire Cahuzac".

L'Igas ne savait rien

Aquilino Morelle aurait peut-être pu espérer un soutien du côté du gouvernement. Espoir déçu. Invitée à s'exprimer sur l'affaire, Marisol Touraine avait botté en touche en disant ne pas avoir pour sa part "d'éléments pour rentrer dans le débat". Tout en admettant que les révélations sur le train de vie du conseiller élyséen pouvaient "faire réfléchir" les gens.

La ministre de la Santé avait surtout souligné qu'il revenait à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) de "donner les informations" concernant le parcours d'Aquilino Morelle. Problème, celles-ci sont à charge : l'Igas a indiqué n'avoir reçu aucune demande d’autorisation pour des activités de conseil à un laboratoire. De quoi compliquer encore la situation du chef du Pôle communication de l'Elysée qui, selon Le Point, a été convoqué à Matignon – Hollande étant en déplacement toute la journée – vendredi matin. C'est par un communiqué à l'AFP, dans lequel il répète n'avoir "commis aucune faute" et dit vouloir "protéger" sa famille, qu'Aquilino Morelle a finalement annoncé sa démission.  

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