LaREM en tête, écologistes en embuscade : les européennes rebattent les cartes des municipales à Paris

Politique

ANALYSE - La République en marche et Europe Ecologie-Les Verts en tête, le Parti socialiste loin derrière : comme souvent, les résultats des élections européennes à Paris n'ont pas suivi la logique nationale. Quels enseignements les futurs candidats aux municipales peuvent-ils en tirer ? La maire sortante Anne Hidalgo a-t-elle du souci à se faire ?

Les résultats des élections à Paris sont toujours un peu différents du reste du territoire. Ces dernières élections européennes le confirment : la liste menée par Jordan Bardella n’y recueille que 7,2% de suffrages - contre 23,3% au niveau national - et termine à la cinquième place. Au contraire, la liste de la majorité arrive largement en tête, avec 32,9% des voix (22,4% au niveau national). Vient ensuite en deuxième position la liste de Yannick Jadot (19,8%). EELV arrive même en tête dans quatre arrondissements du nord-est de Paris : les 10e (28,9%), 18e (25,8%), 19e (23,6%) et 20e (24,7%). Le podium est complété par Les Républicains, qui récoltent 10,1% des voix, mieux que leurs 8,4% sur l’ensemble du territoire.

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A un an des élections municipales, à coup sûr ces résultats ont été précisément analysés par les candidats, à commencer par la maire socialiste Anne Hidalgo. La liste PS-Place publique soutenue par cette dernière n’a recueilli que 8,1% des suffrages. Elle ne dépasse les 10% que dans les 10e, 11e et 20e arrondissements ; et dans tous elle est devancée par les écologistes. C'est donc vers eux que va devoir se tourner la maire sortante, qui compte déjà dans son équipe municipale plusieurs membres d'EELV, notamment Célia Blauel, adjointe à la Transition écologique, et Christophe Najdovski, adjoint aux Transports. Ils pourraient faire le choix de rester auprès de la socialiste, qui au cours de son mandat a souvent fait le choix de l'écologie au détriment de la popularité, notamment avec la piétonisation des voies sur berges. 

Une alliance EELV / LaREM ?

Mais de nombreux cadres parisiens du parti ont déjà fait part de leur souhait de se présenter aux municipales sous l’étiquette EELV, notamment David Belliard, président du groupe écologiste au Conseil de Paris, et Julien Bayou, porte-parole du parti. S'ils ne font pas le choix de faire alliance avec La République en marche, qui ne manquera pas de les courtiser.... Traditionnellement, les écologistes parisiens présentent toutefois leur propre candidat au premier tour des élections municipales; 

Du côté du parti présidentiel, quatre candidats sont déjà déclarés : l’ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, l’ancien secrétaire d’Etat et député Mounir Mahjoubi, le député de Paris Cédric Villani, et l’adjointe au maire du 4e arrondissement Anne Lebreton. Entre eux, la bataille pour l'investiture s'annonce donc rude, les très bons résultats de dimanche les confortant dans l'idée que pour la première participation de leur histoire aux élections municipales, ils peuvent gagner la plus grande ville de France. Mais là encore, les écologistes ont rabattu les cartes, et vont obliger les candidats à parler écologie. Ce qu'ils se sont empressés de faire dès ce lundi, assurant tous que ce thème était l'une de leurs priorités. 

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Enfin, les Républicains signent à Paris un résultat moins catastrophique que dans le reste de la France, avec un score de 10,9% contre 8,4% au niveau national. Insuffisant toutefois pour le patron de la fédération LR de Paris, qui a démissionné de ses fonctions lundi. "Quand une famille politique connaît une crise, il faut prendre ses responsabilités et en tirer les conséquences" a expliqué au Parisien Geoffroy Boulard, maire du 17e arrondissement, nommé à ce poste en 2018 par Laurent Wauquiez. "Il y a aujourd’hui une certaine défiance à Paris vis-à-vis de l’étiquette LR. Nous devons revenir à une ligne politique plus ouverte. Changer complètement. Reparler aux entrepreneurs, tout cet électorat qui nous a quitté" continue-t-il dans des propos qui font échos à ce qui se joue plus haut chez les Républicains.

Ces résultats pourraient pousser le parti à ne pas envoyer un candidat sous sa seule étiquette aux prochaines élections (comme le souhaite la candidate Rachida Dati), mais privilégier une candidature d'union avec le centre. 

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