Le député LR Claude Goasguen est mort des suites du coronavirus

Le député LR Claude Goasguen à l'Assemblée nationale, en octobre 2017.
Politique

DISPARITION - Figure de la droite, le député parisien LR Claude Goasguen est décédé à l'âge de 75 ans des suites du Covid-19, ont annoncé jeudi ses proches. Ancien secrétaire général de l'UDF, ce libéral avait notamment été ministre de Jacques Chirac. Depuis son fief du 16e arrondissement de Paris, il avait apporté son soutien à Rachida Dati au premier tour des municipales. Le monde politique lui rend de nombreux hommages.

Après Patrick Devedjian, c'est une autre figure historique de la droite qui disparaît. Le député LR Claude Goasguen est décédé à 75 ans d'un "arrêt cardiaque" après des semaines de lutte contre le coronavirus, a annoncé jeudi son entourage. En réanimation pendant "22 jours" à cause du Covid-19, l'ancien maire du XVIe arrondissement de Paris "allait mieux" et "remarchait", mais il a connu par la suite des complications cardiaques et est décédé à l'hôpital Corentin-Celton d'Issy-Les-Moulineaux. L'ancien ministre de Jacques Chirac, maire du 16e arrondissement - son fief - jusqu'en 2017,  et député durant 27 ans, il avait été l'un des premiers parlementaires contaminés au début de l'épidémie sur le territoire français.

Jusqu'en mars, Claude Goasguen, figure libérale issue de l'ancienne UDF, était resté sur le devant de la scène politique, aux côtés de la candidate LR à la mairie de Paris, Rachida Dati, dont il était devenu le conseiller malgré des relations passées particulièrement houleuses entre les deux responsables politiques. 

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Nombreux hommages à droite

L'annonce du décès de Claude Goasguen a suscité de très nombreux hommages dans la classe politique. Rachida Dati s'est dite "bouleversée". "Malgré nos désaccords, nous nous sommes toujours retrouvés sur les valeurs qui nous animent et motivent notre combat", a-t-elle ajouté dans un communiqué. 

Parmi les premiers à réagir, le patron du Modem François Bayrou a salué "un ami".

"C'était un politique libre, fin, cultivé et courageux. On n'en voit pas beaucoup dans la vie politique des types comme ça", a indiqué, ému, son ami "de cinquante ans" Alain Madelin, sur LCI. 

"Je perds un ami de longue date", a également déclaré le président des Républicains Christian Jacob. "L'Assemblée et la ville de Paris perdent un juriste hors pair, un orateur d’exception et un infatigable combattant politique." L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a estimé que sa "famille politique" perdait "l'un des siens". "Il aimait le terrain et la proximité, il défendait ses convictions avec énergie, il était entier. Un élu qui marquera."

Le député LR du Vaucluse Julien Aubert a rendu hommage à celui qui l'avait parrainé lors des élections internes à la droite, "un homme courageux, fort en gueule et diablement sympathique". "Adieu à notre collègue Claude Goasguen !", a également tweeté le député de l'Yonne Guillaume Larrivé. "Il y avait du Cyrano chez ce fier bretteur de l’Assemblée nationale, qui s’ennuyait lorsque les eaux étaient calmes et n’aimait rien tant que le fracas des batailles." "Un homme de lettres et tribun remarqué dont nous garderons en mémoire la gouaille, le franc-parler et son engagement contre l’antisémitisme", a également témoigné le maire du 17e arrondissement Geoffroy Boulard, qui l'avait accompagné au Conseil de Paris. 

Longtemps engagé aux côtés de la communauté juive et contre l'antisémitisme, l'ancien député a également reçu l'hommage du Grand Rabbin de France Haïm Korsia. "Avec le décès de Claude Goasguen, nous perdons un ami et un fidèle des combats pour la justice, la paix et la vérité sur Israël. Son engagement sans commune mesure dans les moments difficiles et douloureux sont le signe d’un homme vrai et affectueux, qui va beaucoup nous manquer", a-t-il déclaré sur son compte Twitter. 

"Un combattant", salue Richard Ferrand

Les hommages au député ont également afflué dans les rangs de la majorité présidentielle. Le président de l'Assemblée nationale Richard a salué "un combattant aux fortes convictions". "Breton de Toulon et député de Paris, ce fils de marin devenu universitaire était à lui seul un condensé de la France", a-t-il également déclaré dans un communiqué. "Lui qui, jeune homme, avait une vision quelque peu exclusive de la nation était devenu une figure familière de notre République, dont nous aimions le franc-parler, la culture et le brio", a-t-il ajouté, en référence au militantisme de jeunesse de Claude Goasguen, proche des cercles étudiants d'extrême droite avant d'avoir rejoint le centrisme et Valéry Giscard d'Estaing dans les années 1970.

"Nous ne verrons plus l'imposante silhouette de Claude ni à l'Assemblée, ni dans le 16e. Souvenir et tristesse, la France et Paris ont perdu un militant", a aussi témoigné le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, lui-même issu de la droite. 

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L'ex-ministre et candidate LaREM à Paris Agnès Buzyn a évoqué "un homme de convictions, au fort caractère", qui avait "dédié sa vie à son engagement pour notre capitale et le 16e qu'il aimait tant". 

"Nous étions rarement d’accord, mais j’avais pour lui un profond respect", a réagi, jeudi matin, la maire de Paris Anne Hidalgo, dont il fut l'opposant durant de nombreuses années. "J’aimais son humour et sa forte personnalité. Aujourd’hui mes pensées émues vont à sa famille et à ses proches." Le patron de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a rendu hommage à "son urbanité courtoise" et "son exquise culture contre-révolutionnaire". 

Un éloge funèbre sera prononcé à l'Assemblée nationale "dès qu'il sera possible de se réunir au complet" dans l'enceinte du Palais Bourbon, a indiqué la présidence de l'Assemblée nationale. 

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