Le député LREM Damien Adam fustige les chômeurs qui partent "en vacances aux Bahamas"... et s'excuse

Le député LREM Damien Adam fustige les chômeurs qui partent "en vacances aux Bahamas"... et s'excuse

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INDÉCENCE - Dans une interview à un média local, le député LREM a critiqué les chômeurs qui touchent des allocations pour partir aux Bahamas. Vu les réactions suscitées par cette petite phrase, il a été contraint de s'excuser.

À en croire la classe politique ces dernières semaines, être au chômage en France est très sympa et relaxant. Entre Laurent Wauquiez qui dénonçait "les chômeurs qui profitent de la vie", Christophe Castaner qui voulait prévenir que "la liberté, ce n’est pas de bénéficier des allocations chômage pour partir deux ans en vacances", les chômeurs ont enchaîné les procès en assistanat. Ils ont été rejoints jeudi 9 novembre par le député de Seine-Maritime, Damien Adam.

Les vacances aux Bahamas des chômeurs

C’est dans une interview à Paris Normandie en date du 4 novembre passée inaperçue que le député se lâche et reprend les propos de Christophe Castaner. Repéré par nos confrères du Lab après qu’un secrétaire de section PS a dénoncé les propos du député sur son blog, Damien Adam s'aventure à répondre à une question sur le durcissement du contrôle des chômeurs. 


"Ce n’est pas une question de sévérité mais plutôt de définir des règles claires et comprises par tout le monde. Car quand vous êtes salarié et que vous voyez certaines personnes qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l’assurance chômage, il est légitime de se dire que ce système marche sur la tête ! Nous souhaitons que les demandeurs d’emploi se disent que la nation leur fait confiance à condition de respecter les règles", dénonce le député Damien Adam.

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Contrôle des chomeurs : quel bilan ?

Une idée reçue que nos confrères des Échos ont démonté ce jeudi. Plus d’un an et demi après la généralisation du contrôle de la recherche effective de travail par les chômeurs, 86% des personnes contrôlées ont en effet prouvé qu’elles s’activaient bien pour trouver un nouvel emploi, avance le quotidien économique qui cite un bilan réalisé par Pôle emploi. Et chez les 14% qui avaient été radiés, moins de la moitié bénéficiaient des allocations pour lesquelles ils avaient cotisé. On est donc très loin de l’idée reçue que la majorité des chômeurs touchent des allocations pour se la couler douce.

Des excuses après le tollé

Au vu du tollé suscité par ses propos, y compris dans les rangs de la majorité, Damien Adam s’est fendu d’un tweet ce jeudi après-midi dans lequel il exprime ses regrets.

Auprès de Normandie-actu , il a affirmé comprendre "que cette phrase puisse être interprétée comme elle l’est aujourd’hui, à la lumière de l’actualité qui a mis en avant le scandale des Paradise Papers (…) Si je devais refaire l’interview, je n’utiliserais pas les même mots". Quoiqu’il en soit, même s’il fait son mea culpa, il affirme que sa phrase a été sortie de son contexte.


Malgré ses excuses, il semble renfoncer le clou : "Le mot 'certains' n’était pas adapté, puisqu’il s’agit d’une minorité. Je ne voulais pas pointer du doigt les demandeurs d’emploi dans leur ensemble. La fraude fiscale est bien plus grave que la fraude sociale. Les sommes en jeu sont bien plus importantes et nous luttons contre. Que ce soit aux Bahamas ou dans la Creuse, lorsqu’on est au chômage, il faut rechercher un travail, c’est normal."

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