Le député Matthieu Orphelin quitte le groupe LaREM après avoir fait "tout son possible" pour l'écologie

Politique

DEPART - Au lendemain du vote de la loi "anti-casseurs", qui a suscité 50 abstentions dans la majorité, le député Matthieu Orphelin annonce qu'il quitte LaREM. Plus que les sujets sécuritaires, ce très proche de Nicolas Hulot évoque un échec sur la transition énergétique.

C'est une décision "lourde de sens" qui intervient au lendemain du vote, contesté au sein de la majorité, de la loi "anticasseurs". Matthieu Orphelin, un député très proche de Nicolas Hulot, a suivi les pas de l'ancien ministre de la Transition écologique démissionnaire, en annonçant ce mercredi son départ du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale. 

Dans une lettre aux parlementaires LaREM, le député du Maine-et-Loire, âgé de 46 ans, ingénieur de formation et figure de l'aile gauche du mouvement présidentiel, explique les raisons de cette décision. Il ne s'agit pas tant des questions sécuritaires, qui l'ont poussé à s'abstenir la veille sur le vote de la proposition de loi "anti-casseurs", que des sujets environnementaux. "Je pars après avoir fait tout mon possible, depuis que j'ai rejoint l'aventure En Marche, dès janvier 2017, pour que nous réussissions ensemble à porter haut l'écologie", fait-il valoir.  

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Il fustige des "logiques budgétaires de court terme"

Comme Nicolas Hulot il y a six mois, le député - qui fut porte-parole de la fondation Hulot, après avoir dirigé l'Agence de l'environnement (Ademe) et contribué au Grenelle de l'environnement - mesure "l'écart qu'il reste à combler pour être la hauteur des enjeux climatiques, écologiques et sociaux", jugeant que "nous ne sommes malheureusement au bon rythme sur aucun des grands chantiers de la transition", et "plus grave", que "nous ne nous donnons plus les moyens d'y être, ni de tenir nos engagements, prisonniers de logiques budgétaires et d'arbitrages politiques de court terme". Matthieu Orphelin dénonce également "certains choix politiques du gouvernement, souvent non prévus dans le projet présidentiel, (...) contradictoires avec l'idée de plus de justice fiscale. 

"La transition écologique doit être juste, et ne pas être invoquée uniquement quand elle permet des rentrées fiscales", ajoute celui qui avait milité à EELV jusqu'en 2012. "Nous avions fait depuis longtemps de nombreuses propositions et alertes sur ce thème. Certaines ont été entendues, d’autres, pourtant essentielles, non."

Voix différente

Depuis le début du quinquennat, le député avait souvent affiché sa singularité à propos de certains choix de la majorité, s'abstenant sur plusieurs textes, de la loi Asile et immigration en avril dernier - "trop loin de mon parcours, de mes convictions", invoquait-il alors - à la proposition de loi "anti-casseurs", mardi, dont la disposition polémique permettant l'interdiction administrative de manifester constituait à ses yeux une atteinte à la "liberté fondamentale de manifester". 

Il avait également, avec d'autres parlementaires LaREM, poussé en décembre l'exécutif à maintenir les premières mesures d'urgence prises en novembre pour améliorer le pouvoir d'achat face au mouvement des Gilets jaunes contre le coût du carburant. A l'automne, il avait ouvertement dénoncé les orientations de la programmation pluriannuel de l'énergie (PPE), jugeant qu'il fallait relancer les énergies renouvelables et non le nucléaire. Avec Nicolas Hulot, il avait également bataillé, en vain, pour l'inscription dans la loi de l'interdiction du glyphosate dans trois ans. Une mesure récemment remise en question par Emmanuel Macron. Mercredi soir, il claque la porte avec ce message pour ses collègues : "Je ne regrette rien, j'ai tout tenté". 

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