Le droit de vote des étrangers (encore) enterré

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POLITIQUE – Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a décidé mercredi de renvoyer le droit de vote des étrangers aux calendes grecques. Encore promis le 6 mai dernier par le Président, ce texte ne semble pas prêt d'être proposé aux parlementaires.

Il aura été promis autant de fois qu'il aura été enterré. Une fois de plus, le gouvernement a déclaré vouloir renoncer au droit de vote des étrangers faute de majorité suffisante pour faire adopter ce texte. "Il n'y a pas de majorité constitutionnelle pour faire cela (...) Ce n'est pas la peine de poser des questions dont on sait qu'on n'a pas les moyens de les résoudre (...) Nous devons nous concentrer sur l'essentiel de ce que nous pouvons faire immédiatement avec la majorité dont nous disposons: le redressement des comptes du pays, la croissance...", a ainsi déclaré lors de l'émission "Questions d'info" LCP/France Info/Le Monde/AFP , le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Il y a quelques semaines pourtant, le Président lui-même, semblait être favorable à faire voter ce serpent de mer législatif. "Je n'ai pas voulu introduire ce texte avant les élections municipales, parce qu'on nous en aurait fait le reproche. Ce texte sera de nouveau proposé après les scrutins pour que, dans la préparation (des élections municipales) qui viendront dans six ans, il puisse y avoir cette réforme", avait-il déclaré sur BFMTV.

Une déclaration qui contredit le patron du PS

Si François Hollande reconnaissait que ce texte avait peu de chances d'obtenir le vote des 3/5e du Congrès nécessaire à une révision de la Constitution, il assurait vouloir aller jusqu'au bout pour tenir son 50e engagement de campagne. Depuis 1981 et l'élection de François Mitterrand, ce texte n'a cessé d'être proposé puis abandonné, notamment par Manuel Valls en septembre 2012.

Nombreux pourtant, sont les élus de gauche à réclamer ce droit. Jeudi dernier encore , le patron du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé son intention de lancer à l'automne prochain une campagne en faveur du vote des étrangers. Pas sûr que cet engagement soit du goût de l'exécutif.

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