Le Foll, Faure, Batho, Carvounas, Maurel : de "l'aile droite" à "l'aile gauche", qui sont les candidats déclarés à la tête du PS ?

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REFONDATION - L'annonce de la candidature de Delphine Batho, ce lundi, porte à cinq le nombre de candidats déclarés pour prendre la direction du PS lors du prochain congrès. Quatre hommes, dont deux anciens soutiens de la majorité de François Hollande, et donc une seule femme.

Qui se dévouera pour refonder un projet sur les ruines du Parti socialiste ? A trois mois du premier congrès du mouvement depuis sa cuisante défaite aux élections présidentielle et législatives, les candidatures pour le poste de Premier secrétaire se révèlent au compte-goutte. 


Le récent renoncement de l'ancienne ministre Najat Vallaud-Berkacem, qui souhaite poursuivre son engagement dans le privé, a précipité trois nouvelles annonces, après la candidature du député du Val-de-Marne Luc Carvounas : celles de Stéphane Le Foll, d'Emmanuel Maurel et d'Olivier Faure. Quatre hommes, dont un très proche de François Hollande, un ancien soutien de la majorité au pouvoir, un ex-proche de Manuel Valls et un membre de "l'aile gauche" incarnée par les "frondeurs" sous le quinquennat précédent. 

Stéphane Le Foll, le dépositaire de l'héritage Hollande

Stéphane Le Foll, 57 ans, est un très proche de François Hollande depuis les années 1990. L'ancien ministre de l'Agriculture, porte-parole du gouvernement de Manuel Valls, a été réélu député dans la 4e circonscription de la Sarthe en juin dernier, malgré la déroute des candidats socialistes aux élections. En l'absence de Manuel Valls, qui a quitté le PS, ce fidèle de l'ancien président de la République est le principal dépositaire du bilan du quinquennat écoulé, tant critiqué par l'aile gauche, et le dernier représentant de cette génération face aux figures montantes du socialisme. L'ex-ministre prône "un PS plus ouvert", qui sollicite "plus souvent la parole des militants", et estime qu'être "de gauche, c'est d'abord être internationaliste et donc européen". S'il se dit "dans l'opposition" au gouvernement d'Edouard Philippe, il s'était abstenu lors du vote de confiance à l'exécutif au début du quinquennat. 

Olivier Faure, pilier de l'ancienne majorité

A 49 ans, le député de Seine-et-Marne Olivier Faure, patron des députés Nouvelle Gauche, avait d'abord apporté son soutien implicite à Najat Vallaud-Belkacem. Mais le retrait de celle-ci l'a convaincu de présenter sa propre candidature, même si sa ligne semble assez proche de celle de Stéphane Le Foll. Olivier Faure, qui avait notamment oeuvré pour la campagne de François Hollande en 2012, indique au Monde vouloir "refonder" le PS en ouvrant le parti qui fonctionne "en vase-clos" en une "plateforme ouverte à tous sans limitation", un "laboratoire collectif". Il prône aussi un "inventaire" du bilan de François Hollande, qui soit mis "au débit" mais également mis "au crédit" de l'ancien président de la République. Durant l'affrontement à gauche sur la loi Travail, en 2016, le député avait déploré le rôle des frondeurs socialistes contre la réforme.

Delphine Batho, l'affranchie qui veut "changer le système"

Elle n’hésite pas à comparer son parti à "une petite mafia politique". L'ex-ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a annoncé le 15 janvier sa candidature à la tête du PS pour, dit-elle, "changer le système". Contre les "parrains", les "lieutenants" et les "exécutants", la députée Nouvelle Gauche des Deux-Sèvres se pose en "candidate libre" qui se présente "en dehors de tout courant". "Que les choses soient claires, j'irai jusqu'au bout. Les liquidateurs de l'espérance, le verrouillage de l'appareil, ça suffit !", assure la seule femme à se présenter au poste de premier secrétaire du PS. 

Luc Carvounas, l'ancien fidèle de Valls devenu "libre"

L'ancien proche de Manuel Valls, 46 ans, définitivement fâché avec l'ex-Premier ministre depuis la campagne présidentielle, se revendique d'une ligne plus à gauche, même s'il avait soutenu les réformes du gouvernement précédent, notamment la loi Travail portée par Myriam El-Khomri. L'ex-sénateur-maire d'Alfortville devenu député du Val-de-Marne, désormais "libre", avait indiqué à LCI, en décembre, vouloir refonder le parti en s'appuyant sur les nombreux élus locaux socialistes qui maillent encore le territoire. Premier candidat déclaré, il s'est lancé avec cet objectif dans une tournée des fédérations.  Pour se distinguer de Stéphane Le Foll, Luc Carvounas rappelle notamment avoir voté "contre le discours de politique générale" d'Edouard Philippe, assumant d'être "dans l'opposition" et "clair sur les alliances, une union de la gauche, rose, rouge et vert", forme de résurgence de l'ancienne gauche plurielle. 

Emmanuel Maurel, le représentant de "l'aile gauche"

A 44 ans, le député européen, membre de "Maintenant la gauche", le courant de la "motion B" du congrès de Poitiers en 2015, incarne les "frondeurs" socialistes opposés à la ligne du gouvernement de Manuel Valls. Ce professeur à Science Po, qui avait déjà été candidat au congrès du PS à Toulouse en 2012 (28% des voix), a indiqué au Point qu'il souhaitait que le PS "redevienne de gauche". Alors que son courant a été privé de plusieurs représentants depuis le départ de Benoît Hamon du PS, il estime "qu'être socialiste, au XXIe siècle, c'est tout faire pour empêcher l'extension de la société de marché", plaçant au centre "la question de l'égalité sociale" et "la lutte contre l'optimisation fiscale". Il faut, dit-il, "franchir le mur du son médiatique face à ceux qui ont décidé que le PS était mort". 

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