Le Grand Entretien d'Emmanuel Macron sur TF1 et LCI : ces trois écueils que doit éviter le président

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SUR LE FIL - Emmanuel Macron donne ce dimanche sa première interview télévisée sur TF1 et LCI à 20h05. Cote de popularité en berne, dérapages verbaux, réformes impopulaires... quels pièges devra éviter le président pour ne pas ternir encore un peu plus son image auprès des Français ?

L'exercice est périlleux. Cinq mois après son élection, Emmanuel Macron s'est enfin décidé à se plier à l'interview télévisée... Et le moment choisi est tout sauf anodin. Un wagon de mesures impopulaires vient de passer et, juste avant les vacances de la Toussaint et alors que la page de l'apprentissage et la formation professionnelle va commencer à s'écrire, le président estime que "c'est le moment", comme il l'a indiqué début octobre à son staff, selon le JDD

Reste que l'entretien, face à trois journalistes de TF1 et LCI, recèle de chausse-trappes... qu'il lui faudra esquiver :  


•  Synthétiser sa "pensée complexe"... sans être rébarbartif

Lorsqu’Emmanuel Macron avait annoncé qu’il ne donnerait pas d’interview télévisée le 14 Juillet dernier, son entourage avait expliqué qu’il n’y avait "pas de refus d’obstacle avec la presse" mais que la "pensée complexe" du président se prêtait mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes. Ce dimanche, le président devra pourtant faire un effort pour répondre à leurs questions, et trouver des mots simples pour expliquer ses réformes passées et à venir aux téléspectateurs. 


Emmanuel Macron devra revenir sur la réforme du Code du travail, qui provoque beaucoup d’inquiétudes, et expliquer ce qu’il compte mettre en place dans la réforme de l’assurance chômage, de la formation professionnelle et de l’apprentissage, le deuxième grand chantier du quinquennat ouvert il y a quelques jours. Le président sera aussi interrogé sur la sécurité, alors que l’Assemblée a voté la loi antiterroriste "renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme". Il devra se défendre de mener une politique de droite, de libéraliser à outrance le marché du travail, et prouver que les Français gagneront en pouvoir d’achat dès le mois de janvier prochain.

• Se montrer proche des Français

Le président ne l’ignore pas : son image auprès des Français est ternie. Jugé arrogant et présomptueux, il a surtout été affublé ces derniers mois du surnom de "président des riches". Pour se défaire de cette image et reconquérir un électorat de gauche qui l'a aussi élu, Emmanuel Macron devra montrer aux Français que la suppression de l’ISF ne bénéficiera pas qu’aux plus aisés, et que toute l’économie du pays en profitera. Surtout, il devra s’expliquer sur ses sorties polémiques. De "la France n’est pas un pays réformable", en passant par "je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques ni aux extrêmes" à "ceux qui foutent le bordel", le chef de l’Etat devra répéter qu’il ne compte pas céder à la langue de bois mais que toutes ces phrases très commentées ont été sorties de leur contexte. 


Il aura aussi à cœur de se servir de cet entretien pour faire monter encore un peu plus sa cote de popularité, qui a connu un regain ce début de mois d’octobre, après avoir été au plus bas cet été. 

En vidéo

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• Paraître "déterminé" plutôt qu’arrogant 

Dans une interview publiée samedi 14 octobre dans le journal allemand Der Spiegel, le président déclare : "Je ne suis pas arrogant, je suis déterminé". Il devra prouver qu’il sait quelle direction donner au pays, et quelles réformes mener pour améliorer l’économie française et le niveau de vie des Français. Sans pour autant donner dans la condescendance. 

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