Le groupe LaREM se désolidarise de Joachim Son-Forget après ses tweets sexistes, mais ne prévoit pas d'exclusion

Politique

POLITIQUE - Dans un tweet ce mercredi, Gilles Legendre, le patron de LaREM à l'Assemblée nationale, condamne des "propos inadmissibles". Le 23 décembre dernier, Joachim Son-Forget avait harcelé sur Twitter la sénatrice EELV Ester Benbassa.

Le 23 décembre dernier sur Twitter, le député LaREM Joachim Son-Forget s'en est pris à sa collègue sénatrice d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), Esther Benbassa : "Avec le pot de maquillage que vous vous mettez sur la tête, vous incarnez plus que jamais ce que vous tentez maladroitement de caricaturer", avait écrit l'élu de la 6e circonscription des Français établis hors de France. 

Une saillie qui lui vaut - entre autres - des accusations de sexisme dont il a tenté de se défendre, mardi auprès de Libération

Joachim Son-Forget, docteur en médecine, titulaire d’un master "en psychologie sociale", y explique avoir voulu "faire le buzz, en utilisant les principes de la psychologie cognitive".

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Convaincant ? Pas pour la formation à laquelle il appartient. Ce mercredi,  le Bureau du groupe parlementaire de LaREM à l'Assemblée a fait savoir qu'il se "désolidarisait" de Joachim Son-Forget "à la suite de ses propos inadmissibles contre la sénatrice Esther Benbassa". "Aucune controverse politique ne justifie de verser dans le sexisme et la vulgarité", indique sur Twitter Gilles Legendre, le président du groupe à l'Assemblée. 

Une déclaration qui, d'après nos informations, ne devrait pas être suivie d'une sanction "à ce stade". "La seule ligne du groupe est celle de Gilles Le Gendre via son tweet", a-t-on indiqué à LCI. En tout cas, elle ne semble pas de nature à faire paniquer le député de Suisse et du Lichtenchstein. A l'admonestation du patron du groupe, Joachim Son-Forget, visiblement pas d'humeur à présenter des excuses ou à faire des concessions, a répondu, d'un ton moqueur : "Je tremble !" Une impertinence que n'a pas goûté sa collègue Olivia Grégoire, qui l'a repris de volée : "Tu trembles de quoi, exactement ? Tu te rappelles que tu es élu de la nation, que tu portes un 'mandat' et non ton propre job, que tu engages une parole quand tu écris ? Tu sais qu’être élu n’est pas un jeu mais une responsabilité, je veux le croire, alors que fais-tu ?" 

Visiblement pas grand chose, puisque dans l'après-midi, ce mercredi, Joachim Son-Forget renvoyait dans les cordes un référent du mouvement présidentiel et son collègue Ludovic Mendes, qui l'invitait à s'excuser.

La secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a réagi à la polémique en condamnant les propos de Joachim Son-Forget. "Je ne suis en rien solidaire des tweets sexistes et agressifs dududit député", a écrit la secrétaire d'Etat. "Le sexisme d’où qu’il vienne est une plaie, cyberharceler est illégal", a-t-elle poursuivi. Elle en a profité pour glisser une pique à ceux "qui se plaignent toute l’année" qu'elle tweete trop mais qu'ils la "harcèlent le jour de Noël pour exiger que je tweete afin de condamner le cyber harcèlement d’un député qui lui même usait du sexisme pour critiquer le sexisme d’une sénatrice".

Joachim Son-Forget n'en est pas à sa première polémique. Ces dernières semaines, il avait ainsi soutenu le forain Marcel Campion après ses propos homophobes ou insulté Donald Trump après que ce dernier a critiqué la France. Reste à savoir si le groupe LaREM va, au-delà de se désolidariser de cette nouvelle sortie verbale, entamer une procédure d'exclusion.

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