Le nombre d'entreprises en faillite en baisse de 42% depuis mars, se réjouit Agnès Pannier-Runacher

Le nombre d'entreprises en faillite en baisse de 42% depuis mars, se réjouit Agnès Pannier-Runacher

OPTIMISME - Alors que beaucoup d'entreprises s'apprêtent à mettre la clef sous la porte, la ministre déléguée à l'Industrie, invitée d'Elizabeth Martichoux mercredi 7 octobre, assure que tout n'est pas si catastrophique que cela en a l'air.

Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreuses entreprises se trouvent sur le fil du rasoir, voire au bord du gouffre. En raison du manque de clientèle, du manque d'activité, beaucoup ont déjà baissé le rideau ou envisagent de le faire dans les prochains mois. Invitée ce matin par Elizabeth Martichoux sur LCI, la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher se veut malgré tout rassurante.

"Au moment où l'on se parle, il faut savoir qu'on a diminué de 42%, du mois de mars au mois de septembre, le nombre de défaillances", indique-t-elle. En mars, la Banque de France comptabilisait 2246 défaillances d'entreprises en France. La majorité concernait le secteur de la construction (484) et de la restauration (314). La ministre déléguée prévient néanmoins qu'un "effet rattrapage" est attendu : "L'année dernière, il y a eu à peu près 50.000 défaillances et il serait surprenant qu'on ait moins de défaillances en 2020 qu'en 2019."

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Selon Agnès Pannier-Runacher, les petites et moyennes entreprises sont pour le moment les plus en difficulté, comme s'en faisait l'écho LCI ce mardi. "Ce qui est nouveau", fait-elle remarquer. "Parce que dans la crise de 2008, on touchait beaucoup des entreprises qui étaient plus structurées. Mais le cafetier du coin n'avait pas de raison d'être tellement concerné par la crise financière des subprimes."  Selon les derniers chiffres mis en ligne par la Banque de France, 99,7% des entreprises en défaillance au mois de juin étaient des PME et 93.68% étaient des micro-entreprises. Selon une étude de l'observatoire Axos, la moitié pourrait prochainement mettre la clé sous la porte, principalement pour cause de retards de paiements.

Si, indique-t-elle, "on ne voit pas encore l'aiguille s'affoler sur le nombre de défaillances" avérées, mais plutôt sur le nombre de dossiers arrivant dans les tribunaux de commerce, le fait qu'il s'agisse en majorité de petites entreprises s'avère inquiétant. "Pour une TPE, on va beaucoup plus vite à la liquidation judiciaire parce qu'on ne prend pas le temps de faire les étapes intermédiaires qui permettent de sauver l'entreprise", explique-t-elle. Pour tenter de les aider, le gouvernement a lancé une "mission flash" et débloqué 1,5 milliard d'euros de financements pour leur permettre de rebondir. 

Ineos, un repreneur "sérieux" pour l'usine Smart, juge Agnès Pannier-Runacher

Minoritaires en termes de défaillance, les grosses entreprises menacées de fermeture ou déjà fermées comptent malgré tout de nombreux employés dans leurs rangs. En juillet dernier, 1600 salariés de l'usine Smart, en Moselle, ont appris la fermeture de leur usine. Le constructeur allemand Daimler  invoque une restructuration de son réseau, en raison de difficultés financières liées à l'épidémie de Covid-19. Mi-septembre, Bridgestone a brutalement annoncé la "cessation définitive" à l'horizon 2021 de l’activité du site de Béthune, dans le Pas-de-Calais, qui emploie plus de 860 personnes. Le groupe explique cette décision par une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coût.

 

Interrogée sur ces dossiers par Elizabeth Martichoux, Agnès Pannier-Runacher est optimiste. Pour elle, la reprise de l'usine Smart prend "bonne tournure". Le groupe industriel britannique Ineos, jugé "sérieux" par la ministre déléguée à l'Industrie, s'est en effet proposé de reprendre l'usine pour y fabriquer son futur 4x4 Grenadier. "Il a toujours réussi ses projets entrepreneuriaux et a investi plus d'un milliard d'euros dans un projet de nouveau véhicule." Mais pour le gouvernement, cette reprise ne se fera pas sans conditions, et notamment celle de prolonger, pour Daimler, la production de la Smart jusqu'à 2024. "Ils nous ont dit qu'ils étaient prêts à le faire, mais il faut que ce soit concrétisé dans les négociations", insiste l'ancienne haute fonctionnaire et dirigeante d'entreprise. Dans le cadre de ces négociations, le constructeur allemand a déjà mis "un chèque de 90 millions d'euros sur la table". En tout, 1300 emplois seraient sauvés et 300 pourraient continuer à travailler grâce à leur sous-traitance avec Daimler.

Une nouvelle usine en projet à quelques kilomètres de celle de Bridgestone

Concernant Bridgestone, Agnès Pannier-Runacher indique qu'elle réunira "le 19 octobre prochain les élus locaux et les organisations syndicales pour faire le point sur ce dossier et avoir les premières conclusions d'Accenture [un cabinet de conseil mandaté pour évaluer les scénarios alternatifs à la fermeture du site, NDLR]". Une étude pour "prendre la mesure des savoirs faire de l'usine", afin de trouver des solutions, est également en cours. Si pour l'instant aucune solution n'a été trouvée, la ministre déléguée rappelle qu'une usine de batteries pour voitures électriques, nommée Automotive Cells Company (ACC) et "pour laquelle Bruno Le Maire s'est battu", va ouvrir à quelques kilomètres de Bridgestone. 

L'arrivée de cette usine à Douvrin a été annoncée le 3 septembre par PSA et Total, qui prévoient un début de production à la fin de 2023, début de 2024."Elle aura 2400 salariés en cible. Elle va permettre de reconvertir 1200 salariés de PSA mais on devra recruter 1200 salariés. Donc vous voyez l'industrie ça évolue. Vous avez des restructurations d'un côté et vous avez des usines qui ouvrent de l'autre", note-t-elle.

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